Alors que les prix commencent à prendre l’ascension (entre 2 et 5% de hausse selon les produits), les différents frais nécessaires pour la rentrée de classes affichent aussi une hausse. Dans la plupart des cas, les droits d’inscription et l’écolage dans les établissements privés enregistrent une augmentation d’environ 10%. Dans le public, des écoles sont obligées de s’entendre avec les parents pour augmenter ces frais. Elles y sont contraintes parce qu’elles manquent d’enseignants et doivent donc recruter des enseignants dont le salaire est payé par l’association des parents d’élèves. Et il ne faut pas croire que ce genre de problème affecte des écoles en pleine brousse. Il touche tout aussi bien quelques écoles publiques de la capitale. Quoi qu’il en soit, la bourse de bon nombre de ménages n’arrive plus à supporter la hausse des frais scolaires et des prix des fournitures scolaires. L’année dernière déjà, des parents ont dû sacrifier les études de leurs enfants faute de revenus suffisants pour couvrir ces différentes dépenses. Notons qu’il faut débourser pas moins de 120 000 ariary pour un enfant qui étudie dans un collège public. Ce montant inclut les droits et les fournitures.

Même si l’inflation s’affiche à un chiffre, la crise politique empêche la plupart des ménages à faire rentrer assez de revenus pour assurer leurs besoins fondamentaux. Il faut y ajouter les pertes d’emplois notamment dans les grandes villes. Selon les notes de politiques économiques de la Banque mondiale, l’emploi est pourtant " le meilleur moyen pour les ménages malgaches d’émerger de la pauvreté ". Les Enquêtes auprès des ménages (EPM) réalisées par l’Institut national de la statistique (INSTAT) révèlent d’ailleurs la première priorité des ménages est le maintien du pouvoir d’achat via un emploi stable et rémunérateur. Elle passe bien avant les aides publiques et l’accès à des biens sociaux. Mais les régimes successifs n’ont pas vraiment pris garde à cette priorité. La preuve en est que la promotion de l’emploi bénéficie d’un très maigre budget en dessous de 2% du budget total de l’Etat. Ce problème est aggravé par les crises politiques répétitives. Parmi les impacts de ce problème, l’on peut citer l’impossibilité pour de nombreux parents d’envoyer leurs enfants à l’école. Or, l’éducation est très importante pour permettre à ces enfants d’avoir un jour un travail rémunérateur et stable. Sans cela, ils ne pourront pas sortir du cercle infernal de la pauvreté.

Mais apparemment, la classe politique et les organisations de la société civile affiliées à des mouvances  politiques ferment les yeux sur tous ces problèmes dont souffrent les 3/4 des Malgaches vivant en dessous du seuil de la pauvreté. Ce terme signifie que ces gens-là n’arrivent pas à obtenir 3 000 ariary par jour.  Mais que vaut cette somme à l’heure actuelle et surtout pour un ménage de 5 à 6 personnes ? Elle ne permet pas à ces familles de manger à leur faim et parler de scolarisation relève ainsi d’un idéal impossible à atteindre.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Mercredi 15 Septembre 2010