Alors que le Sud souffre d’une sécheresse quasi chronique et manque ainsi jusqu’à l’eau potable, des énergéticiens avancent que ce n’est pas sorcier d’y trouver une solution. Seulement, cette solution exige une forte volonté politique car elle exige des investissements et l’intention ferme de trouver une alternative aux problèmes d’eau potable du Sud. Ces techniciens expliquent que cette alternative n’est rien d’autre que l’énergie éolienne. Celle-ci permettra de dessaler l’eau de mer et la mer se trouve à quelques kilomètres seulement de la ville d’Ambovombe Androy. Le dessalement de l’eau de mer via l’énergie éolienne est déjà très pratiqué dans les pays à stress hydrique comme les pays arabes et les pays du Golfe persique. De plus, les prix des technologies utilisées commencent à prendre une spirale baissière. Mais pour l’heure, le coût des investissements dans l’éolienne revient encore plus cher que pour celui des autres modes de production énergétique. Toutefois, tout est affaire de volonté politique. Car si l’on additionne les financements mis par les gouvernements successifs dans la recherche d’une solution pour le Sud, ils auraient dû suffire à adopter la solution éolienne.

 Il faut noter que le continent africain, les retards en matière d’investissement en éolienne commencent à être comblés. La preuve en est que les projets de pars éoliens se multiplient un peu partout en Afrique. Ces projets sont accompagnés d’une politique souvent dictée par le déficit de l’offre énergétique et la dépendance par rapport aux énergies fossiles ou pétrolières. Parmi les pays qui investissent le plus dans l’éolienne, on peut citer l’Afrique du sud, le Maros, la Tunisie, le Nigeria, le Kenya, l’Ethiopie… Les Maroc et la Tunisie ont mis en service des parcs éoliens reliés au réseau électrique. En juillet dernier, le Maroc a inauguré un parc éolien de 140 MW comptant 165 aérogénérateurs. C’est sûrement le parc le plus important sur le continent et il a coûté 250 millions d’euros. La Banque européenne d’investissement (BEI) a pris part dans le financement pour 80 millions d’euros. L’Afrique subsaharienne commence aussi à combler son retard. Le Kenya prévoit de construire un parc éolien de 300 MW. L’Etat kényan a l’intention d’ériger au moins 353 éoliennes, dotées chacune d’une capacité de 850 KW. Le coût total du projet est estimé à environ 760 millions de dollars.

L’Éthiopie parie sur l’énergie propre et sur le développement durable avec la construction d’une ferme éolienne de 120 MW dans la région de Mekele, capitale du Tigray, une province du nord du pays, en bordure de la frontière érythréenne. Ce parc d’éoliennes doit être le plus important d’Afrique, nanti d’un contrat d’un montant de 220 millions d’euros. Une grande partie de l’énergie fournie par le parc d’éoliennes sera exportée vers les pays voisins, soit vers le Soudan, l’Érythrée et Djibouti. Madagascar est loin de ces préoccupations sur l’éolienne, alors qu’il a obtenu dans le passé des financements tout aussi importants que l’investissement marocain et éthiopien. Le pays s’oriente, certes, vers l’hydroélectricité, une production renouvelable qu’il maîtrise bien, mais dans certaines régions comme le Sud, nos interlocuteurs avancent que l’éolienne est le mode de production énergétique le plus indiqué. Le Nord du pays aussi présente des potentiels énormes avec son fameux « varatraza », ce vent fort qui balaie régulièrement cette pointe de l’île.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Mercredi 15 Septembre 2010