Quiconque passe sur la RN4 constate le désolant spectacle des feux de brousse en cette saison sèche. Le même scénario revient tous les ans même si le fleuve du Betsiboka charrie des eaux boueuses tout au long de l’année.

Cette couleur de terre rouge qui pollue ce fleuve est le résultat d’une forte érosion qui s’en va jusque dans la mer à Mahajanga. Cette érosion pose des problèmes aux terres rizicoles de Marovoay alors que cette zone constitue le deuxième grenier à riz de Madagascar. Certes, Madagascar enregistre des émissions de gaz à effet de serre 20 fois moins que l’Afrique du sud et 40 fois moins que les Etats-Unis (données de la Banque mondiale), mais les impacts des feux de brousse seront aggravés par les bouleversements apportés par les changement climatiques. Les projections de la météo laissent entendre qu’avec l’augmentation de la température, les cyclones pourraient gagner en intensité de 46% et se déplacer plus au Nord de Madagascar. Ces régions comptent parmi les terres les plus fertiles du pays, offrent des espaces pour l’élevage, enregistrent des aires forestières importantes, abritent les principales zones de production de vanille et des hauts lieux du tourisme comme Nosy-Be et Antsiranana…

  Autrement dit, si les cyclones se déplacent dans le Nord, le pays risque fort de perdre une bonne partie de ses richesses, sans parler des impacts sociaux de ces catastrophes naturelles. Du 10 au 15 octobre prochain, le 7ème forum sur le développement en Afrique (ADF-VII) axé sur les changements climatiques devra voir comment renforcer le partenariat pour une plus grande prise de conscience des préoccupations et attentes du continent pour un régime mondial des changements climatiques. Ce forum est organisé par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), la Commission de l’Union africaine et la Banque africaine de développement (BAD). Il vise également à inciter les dirigeants africains à élaborer des politiques de développement, des stratégies, des programmes et des pratiques faisables et concrètes pour mitiger les impacts des changements climatiques. Cette rencontre permettra, par ailleurs, de discuter des préoccupations et des intérêts de l’Afrique à évoquer lors de la 16ème conférence des parties à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques en décembre prochain à Cancun au Mexique. Madagascar semble être très loin de ces préoccupations climatiques qui apportent pourtant dans leurs sillages de graves problèmes socioéconomiques.

Extrait La Gazette de la Grande Île –  Lundi 13 Septembre 2010