Les remèdes et produits naturels sont de plus en plus prisés dans le pays, notamment pour les soins primaires, et hors des prescriptions des connaisseurs dans la plupart des cas. Cette habitude peut cependant entraîner  l’ apparition d’autres maladies, d’où la nécessité d’une ordonnance avant toute utilisation. En outre, les activités à entreprendre dans la promotion de la médecine traditionnelle sont encore nombreuses, malgré les progrès constatés.

Plus de 80% de la population tant dans les pays en développement que les pays industrialisés, ont recours à la médecine traditionnelle pour assurer les soins primaires, d’après les statistiques de l’Association nationale des tradipraticiens de Madagascar ou Antm. Certains les utilisent toutefois sans prescriptions des connaisseurs, tels que les tradipraticiens ou les médecins diplômés, ce qui entraîne l’ apparition de nouvelles maladies au lieu d’une guérison. « Toute prise d’un remède ou produit naturel nécessite l’aval d’un médecin. En cas de surdosage par exemple, la consommation répétitive de tambavy ou tisane, sans tenir compte du temps de pause, peut engendrer des troubles d’insuffisance rénale », informe le Dr Tolotra Andriamparany, Chef de service de la pharmacopée traditionnelle auprès du ministère de la Santé publique. Et d’ajouter que ces produits naturels ne doivent être étalés ni vendus n’importe où, surtout dans les rues, puisqu’une fois trop exposés au soleil, leur efficacité s’affaiblit progressivement. Ces produits servant de remèdes pourraient même devenir des poisons en cas de surexposition à la lumière naturelle. « Comme tous les remèdes, ces produits naturels peuvent également engendrer des effets secondaires en cas de contre –  indication, d’où l’importance des recommandations des connaisseurs », conclut ce responsable.
10 ans de progrès et de perspectives
Comme tous les autres pays africains, la Grande Ile a fourni beaucoup d’efforts dans la mise en œuvre de la stratégie régionale pour la promotion du rôle de la médecine traditionnelle dans les soins de santé primaire. La promulgation du décret relatif à la reconnaissance de cet exercice, la mise en place de comités communaux consultatifs ou encore l’officialisation de ce domaine via la mise en place d’une filière à l’Inspc, figurent parmi les résultats obtenus du côté institutionnel. De plus, des remèdes traditionnels améliorés produits dans le pays – même sont intégrés dans les formations sanitaires publiques depuis 2006. Par ailleurs, nombreux sont les efforts et activités à entreprendre pour renforcer la promotion de la médecine traditionnelle, entre autres la poursuite du recensement des tradipraticiens ou encore leur sensibilisation pour intégrer l’Antm. « Un système devrait aussi être mis en place pour garantir la qualité et l’efficacité des remèdes traditionnels d’une part et pour protéger les produits naturels fabriqués dans le pays, face à la vulgarisation de ceux étrangers, de l’autre », avance le Dr Tolotra Andriamparany. Le renforcement des sensibilisations ciblant les utilisateurs sur la présentation de l’usage rationnel de la médecine traditionnelle, ainsi que le développement du partenariat public – privé entrent également dans les activités à entreprendre à moyen et à long terme. Rappelons que chaque Fokontany recense 3 à 5 tradipraticiens alors que seule une minorité d’entre eux sont formels, c’est – à – dire légaux et bénéficiaires de formations dispensées par l’Antm. Ce dernier n’enregistre d’ailleurs qu’ environ 2 000 membres, répartis dans toute l’Ile.

Extrait La Vérité – Mercredi 01 Septembre