Bioénergie, éolien, solaire, etc. Les majors au niveau international ont perdu leur enthousiasme quant à l’investissement dans ces énergies renouvelables. Madagascar traverse une crise mais avec la donne internationale aussi, la situation ne milite pas en faveur d’un déversement d’investissements dans les énergies renouvelables.

 Rappelons toutefois que la crise politique a fait encore reculer plus d’un investisseur du secteur. Il faut, par ailleurs, souligner les hésitations des majors pour la stratégie de l’après-pétrole. Les contraintes environnementales et le " peak oil " ou le début de la baisse de la production pétrolière incitent les pétroliers à élaborer cette stratégie qui devrait se baser sur la diversification des activités. Madagascar risque de ne pas en profiter même s’il compte des terres arables en masse, des sites appropriés au développement de l’énergie solaire et éolienne. En effet, les majors du secteur énergie cherchent à injecter leur argent dans des secteurs rentables et donc dans des biocarburants de deuxième génération. Il s’agit de produits obtenus à partir de plantes ayant subi des transformations. Les biocarburants de 2ème génération exigent encore beaucoup de recherches. Madagascar n’en est pas encore à ce type de biocarburants, il est aux produits de première génération.

 Pour l’heure, les majors sont encore divisés sur la réponse à apporter à la fin du pétrole. Les uns penchent pour le développement du pétrole non conventionnel comme le grès bitumineux de Bemolanga et l’huile lourde de Tsimiroro. Les autres sont pour le gaz et certains ne jurent que par les énergies renouvelables. Cette divergence de vue devrait profiter à Madagascar. Si le pays ne risque pas encore d’attirer de gros investissements réels dans les énergies renouvelables, il a réussi à capter l’attention de Total pour l’exploration de Bemolanga. Les spécialistes du marché remarquent cette diversification très large de ce groupe français qu’ils opposent au sacro-saint attachement du major américain ExxonMobil au pétrole. Quant au britannique British petroleum (BP), il a beaucoup investi dans la bioénergie. A partir de là, les majors pétroliers ont commencé à mettre un pied dans le secteur des énergies alternatives. Solaire, biocarburant, éolien, voire nucléaire. Le mode d’emploi est simple : les majors mettent de côté des petites sommes qu’ils investissent bruyamment dans ce qu’on appelle les " green technologies ".

 Mais depuis 2007-2008, la petite course pour les énergies renouvelables a pris un coup de froid. Un désengagement massif dans les renouvelables est constaté. Les majors ne veulent plus perdre de l’argent, même s’il s’agit de petits montants. Ils veulent travailler dans des secteurs rentables. Techniquement, c’est l’énergie renouvelable qui se rapproche le plus du pétrole, mais il s’agit d’énergie de 2ème génération. Plusieurs majors s’y engouffrent. On peut citer BP, Total, Petrobras, Shell. Même ExxonMobil considéré comme le grand défenseur du pétrole pour les 20 prochaines années, figure sur la liste. Ce groupe américain vient d’investir 600 millions de dollars dans Synthetic genomics Inc, qui développe une nouvelle génération d’agrocarburant à partir d’algues. Un constat se dégage d’une décennie de tâtonnements dans le secteur des biocarburants : les majors n’investissent plus à n’importe quel prix, ils préfèrent investir dans des technologies leur permettant de conserver leur modèle économique, et de développer un maximum de synergies. De plus, l’enthousiasme autour de l’éolien ou du solaire est vite retombé, au profit d’autres secteurs, comme l’hydrogène. Il faut aussi noter que Les majors continuent pourtant à investir modérément dans la recherche.

Extrait La Gazette de la Grande Île – Jeudi 02 Septembre 2010