L’augmentation des effectifs employés, en dépit de la crise, est essentiellement à mettre à l’actif du secteur informel qui a créé plus de 116 000 emplois sur cette période. Il représente ainsi 65,1 % des emplois en 2010, un poids jamais encore atteint auparavant. Même lors de la crise sévère de 2002, l’informel ne représentait que 59,8 % des emplois malgré les fermetures généralisées d’entreprises. Comparé à 2001, le secteur informel a vu sa part augmenter de 12 points de pourcentage, recolonisant ainsi des pans entiers du marché du travail.

A l’inverse, d’après les informations rendues publiques dans le document intitulé « L’impact économique de la crise politique sur les ménages urbains à Madagascar. Le marché du travail dans l’agglomération d’Antananarivo en 2010 : une mise en perspective décennale », il est mentionné, surtout, que le secteur privé formel a connu une baisse de 4 % de ses effectifs, du fait d’une compression massive des emplois dans la zone franche (16 000 emplois). La zone franche malgache, qui avait constitué un modèle de réussite économique au cours des années 1990, et qui avait péniblement réussi à récupérer du choc sévère de la crise de 2002, est aujourd’hui en danger de disparition. Elle ne représente plus que 4,8 % des emplois, soit une régression brutale.
Le recul de l’emploi dans le secteur privé formel a aussi été accompagné d’un changement de structure, le secteur industriel moderne voyant son poids dans l’emploi se réduire très nettement. Si 44,8 % des actifs du secteur formel travaillaient en 2006 dans l’industrie, seuls 38,2 % sont effet dans ce cas en 2010.
Le secteur public (administration+entreprises publiques) a, quant à lui, maintenu voire même légèrement augmenté ses effectifs entre 2006 et 2010. Cependant la faiblesse des recrutements se traduit par la poursuite du déclin régulier de sa part dans l’emploi total depuis le début des années 2000 : 11,2 % en 2002, 10,5 % en 2004, 8,8 % en 2006, 7,8 % en 2010.
Extrait La Gazete de la Grande Île – Jeudi 02 Septembre 2010