L’invasion des criquets dans le Sud met la population en danger. Elle risque d’affecter la principale ressource, la récolte du maïs, et de favoriser le prolongement de la période de soudure, voire l’insécurité alimentaire.

L’Androy, l’Anosy et le Sud-Ouest ont connu en début d’année des précipitations insuffisantes et irrégulières accompagnées de forts vents asséchants. Cette sécheresse est aggravée par des infestations d’insectes dont notamment les criquets. Ils ont gravement affecté et même anéanti la principale récolte du maïs dans le Sud. Le phénomène menace de prolonger la période de soudure. «  L’insécurité alimentaire risque de se produire notamment dès la prochaine saison des pluies vers novembre, période propice de l’invasion des criquets, si aucune disposition n’est prise pour la prévention », a expliqué la représentante du Programme alimentaire mondial, Krystyna Bednarska lors d’un entretien hier à Ambatoroka.

Pour pallier ce problème, la contribution des organismes partenaires est sollicitée afin d’éviter les catastrophes. Les besoins sont estimés à 15 millions de dollars. Les interventions consistent à renforcer la lutte anti-acridienne avant la saison des pluies tout en limitant l’invasion des criquets. « Il faut éviter que les criquets atteignent les champs de culture des communautés afin d’éviter les difficultés alimentaires », a poursuivi la représentante du Pam.

53 communes en difficulté

Au problème des criquets s’ajoute l’insécurité alimentaire au cours des 24 derniers mois, d’après l’évaluation du système d’alerte précoce (Sap). En août, 53 sur 104 communes identifiées dans le grand Sud souffrent du problème d’accès aux nourritures de base. La situation touche les ménages dont les revenus dépendent de productions vivrières, soit plus de 720 000 personnes.

Dans les districts de Betioky et d’Ampanihy, onze communautés soit plus de 108 000 personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë. Dans ces communes, des dispositions d’assistance devraient être mises en place immédiatement pour aider les populations vulnérables et éviter que la situation ne se dégrade. Du côté du Pam, les interventions s’avèrent difficiles face à l’insuffisance des ressources financières. « Le programme projette d’élargir ses activités à partir de ce mois d’octobre au mois de mars 2011. D’où le besoin en ressources additionnelles de 7 millions de dollars qui sont destinés pour le projet de cantines scolaires, d’insécurité alimentaire et de la fourniture des stocks de prépositionnement nécessaires dans les zones à risque des catastrophes naturelles dont les cyclones et la sécheresse », toujours selon Krystyna Bednarska. Les besoins sont de plus en plus pressants à Madagascar face à la conjoncture actuelle et la crise mondiale. La majeure partie de la population vit dans la précarité nécessitant une réponse d’urgence.

Extrait Les Nouvelles – Mercredi 1er septembre 2010