La santé des dents n’est apparemment pas une priorité pour 98% des Malgaches, si l’on en juge par le faible pourcentage de ceux qui fréquentent les cabinets dentaires régulièrement. En effet, moins de 2% de la population  malgache le font. Il est, pourtant conseillé de consulter le dentiste au moins une ou deux fois par an, même si l’on ne présente pas forcément des problèmes dentaires apparents ou autres rages de dents. Les réalités sont tout autres car la majorité n’adopte pas cette attitude, et ce, pour diverses raisons. Outre la phobie du dentiste, ou plutôt de ses outils, fortement impressionnants pour certaines personnes qui veulent les éviter autant que possible, le facteur coût représente une des principales causes de cette faible fréquentation des cabinets dentaires. Les soins dentaires sont, en effet, assez onéreux pour les familles à faibles revenus ou à revenus moyens. Par ailleurs, les cabinets dentaires sont inexistants dans de nombreuses zones éloignées, tandis que ceux qui existent ne sont pas toujours suffisamment équipés pour assurer des soins dentaires aux normes. Les patients plus proches des grandes agglomérations urbaines ont ainsi un meilleur accès aux soins dentaires.

Les salariés et leurs familles qui ont la possibilité d’être pris en charge médicalement, disposent d’un accès plus facile à ce type de soins. C’est ainsi que les cabinets des chirurgiens dentistes dans les structures spécialisées dans cette prise en charge médicale des employés d’entreprises privées, sont très fréquentés. Il n’empêche, la majorité des patients consultent lorsque surviennent les douleurs dentaires. « Encore trop peu de gens viennent chez le dentiste, rien que pour vérifier leur état de santé bucco-dentaire, ou lorsque les caries ne sont encore que de la taille d’une tête d’épingle. La plupart s’y présente avec de grandes caries, ou alors lorsque la dent est irrécupérable, après plusieurs mois de douleurs, plus ou moins bien traitées », témoigne un chirurgien dentiste en poste dans un cabinet privé. Et d’ajouter qu’une telle attitude est regrettable, plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’enfants, car une bonne prise en charge dès le plus jeune âge garantit une meilleure santé bucco-dentaire dans la vie d’adulte. Cela permet d’éviter d’autres problèmes de santé, amputables à celle des dents. Notre professionnel de préciser, par ailleurs, que la majorité de la population, n’est pas suffisamment informée sur les gestes essentiels pour entretenir une bonne santé bucco-dentaire tels le brossage correct des dents. Ce type d’information est régulièrement proposé lors des campagnes de sensibilisation qu’entreprennent annuellement les professionnels en matière de santé bucco-dentaire.

Extrait Midi Madagasikara – Jeudi 26 août 2010