Plus de 80 000 touristes au premier semestre 2010, contre 70 000 sur la même période en 2009. Ces données du ministère du Tourisme et de l’Artisanat dénotent une reprise dans le secteur du tourisme. Quant aux recettes générées par ces touristes sur les périodes étudiées, elles sont estimées à 161 millions de dollars en 2010, contre 105 millions de dollars en 2009. Mais apparemment, cette reprise est encore modeste même si en février, le pays a enregistré 11 000 touristes, contre 15 000 en juin. Notons toutefois que le tourisme est parmi les secteurs qui ont connu une reprise assez rapide après les grands troubles et moments de violence de 2009. La consommation en jet l’atteste puisque ce carburant est essentiellement utilisé dans le transport aérien. L’Office malgache des hydrocarbures (OMH) affirme dans son dernier bulletin qu’en juillet 2010, les livraisons de jet s’élèvent à 5 725 m3, en augmentation de +22% par rapport à juillet 2009. Il précise : « Jusqu’à maintenant, le redressement du jet se poursuit comme prévu. En cumul sur 7 mois, les livraisons de jet s’élèvent à 31 994 m3, en hausse de +46% par rapport à 2009 ». Mais comparées à 2008, les livraisons en juillet dernier sont en régression de – 15%. Et en cumul de janvier à juillet, elles sont en baisse de -10% par rapport à 2008.

Voilà pourquoi la reprise actuelle est encore loin d’égaler les réalisations de 2008. Pour l’heure, les touristes préfèrent toujours les côtes et font essentiellement cap sur Sainte-Marie, Nosy-Be et Mahajanga. Ils continuent à faire d’Antananarivo un lieu de transit. La capitale l’a été toujours mais ces dernières années, l’Office régional du tourisme a fourni des efforts pour ôter cette étiquette de transit à la capitale et ses environs. D’où ces randonnées et autres eductours dans les environs de la capitale. Seulement, la crise est passée par là et les violences qu’elle a amenées dans son sillage ont notamment concerné Tana. Avec les crevettes et la vanille, le tourisme arrive en tête de peloton des secteurs d’exportation de Madagascar. Depuis longtemps, il a été pourtant quelque peu délaissé par les régimes politiques et ne faisaient pas réellement partie des priorités de l’Etat. Des secteurs comme les travaux publics, la santé et l’éducation ont toujours bénéficié d’une importante enveloppe pour l’investissement public, soit dans les 200 milliards d’ariary par an par ministère.
Le tourisme n’a jamais bénéficié d’un tel montant. Il devait se contenter d’un investissement public nettement en dessous de 10 milliards d’ariary par an. Depuis l’actuel régime de transition, le ministère est géré par une professionnelle du secteur. Malgré l’austérité budgétaire observée par le gouvernement, les efforts menés par le ministère et les Offices national et régionaux du tourisme ont porté leurs fruits. D’où la reprise plutôt rapide dans le secteur.
Extrait La Gazette de Grande Île – Jeudi 26 Août 2010