Malgré la crise et après la suspension des aides extérieures par les bailleurs de fonds à Madagascar, certains partenaires n’ont pas lâché le pays et ont continué à convertir certaines enveloppes à d’autres projets. L’Afd (Agence française de développement) a procédé depuis l’année 2009 à la reconversion d’une partie des aides qu’elle était sensée attribuer à l’Etat malgache.

Après la suspension des financements des bailleurs de fonds, l’on explique du côté de l’Afd que le contrat signé entre la France et Madagascar prévoit qu’une suspension de programme avec le FMI (Fonds monétaire international) exclut la poursuite de l’aide budgétaire non affectée et invite dans ce cas les autorités française et malgache à identifier ensemble des «dépenses à caractère prioritaire de lutte contre la pauvreté» sur lesquelles peuvent être réaffectées les ressources du Contrat de désendettement et de développement France-Madagascar (C2D), dont le second du genre, s’élevant à 26,6 millions d’euros (74,5 milliards d’ariary) couvre la période 2008-2012.

Ainsi, pendant l’été 2009, 1,33 millions d’euros (3,7 milliards d’ariary) ont été versés au Programme alimentaire mondial (PAM) dans le cadre du programme de cantines scolaires. Un projet qui a permis de nourrir pendant une année scolaire près de 170 000 enfants dans 880 écoles primaires du Sud de l’île. Au printemps 2010, un million d’euros a été affecté pour le programme national foncier (Pnf), projet initié par la coopération française puis par l’aide américaine (10 millions Usd).

Par ailleurs, l’Afd a également alloué 330 000 euros (924 millions d’ariary) à deux associations malgaches travaillant pour la réinsertion des sans-abris de la capitale. Ce fonds a servi à la construction de 30 logements supplémentaires pour reloger les chiffonniers filleuls de l’association Akamasoa, ainsi qu’à la réhabilitation d’ouvrages d’art et de pistes rurales dans la zone de relogement des familles soutenues par l’association  Aides aux sans-abris (Asa).

L’on note encore du côté de l’Afd que l’échéance d’avril 2010 sera repartie en deux versements. Un premier montant s’élevant à un million d’euros servira à la reconstruction d’infrastructures et la relance agricole dans le Sud-Est suite au passage du Cyclone Hubert et un second décaissement portant sur 330 000 euros constituant une nouvelle affectation en faveur  des cantines scolaires du PAM.

Extrait Midi Madagasikara – Lundi 23 août 2010