Une ONG spécialisée dans le développement durable, Global Footprint Network, mène depuis plusieurs années des recherches sur le rapport entre la consommation humaine des ressources naturelles (qui englobent l’absorption naturelle du dioxyde de carbone que nous émettons aussi bien que l’exploitation des matières premières pour notre consommation) et la production de ces mêmes ressources naturelles par la planète. La conclusion est sans surprise : on consomme plus que ce que la Terre est capable de produire. Mais l’ampleur du phénomène est impressionnante : Global Footprint Network a en effet calculé que les humains auront consommé, entre le 1er janvier 2010 et samedi 21 août 2010, la totalité des ressources que la nature est capable de produire en une année. « Le 21 août marque une triste étape : celle du jour où nous aurons épuisé notre budget écologique annuel, mentionne le site de l’ONG. De ce point à la fin de l’année, nous satisferons nos besoins écologiques en liquidant les stocks de ressources et en laissant s’accumuler le dioxyde de carbone dans l’atmosphère. » Global Footprint Network note qu’il aura fallu moins de neuf mois pour épuiser ce budget, nous allons donc vivre plus du quart de l’année « à crédit », écologiquement parlant.

Ce « jour du dépassement » (Earth Overshoot Day dans les rapports de Global Footprint Network) est calculé chaque année par l’ONG. Celle-ci signale que le seuil critique au-delà duquel les humains consomment plus que ce que la nature produit a été franchi il y a environ trois décennies. Et l’intervalle entre les deux données s’agrandit depuis chaque année. L’an passé, la limite n’avait été atteinte que le 25 septembre. Mais on ne peut pas en conclure pour autant que la consommation s’est à ce point emballée en un an, a expliqué Mathis Wackernagel, le président de Global Footprint Network cité par l’Express.fr le 16 août 2010. « C’est juste que cette année, on a révisé toutes nos données et on s’est rendu compte que jusqu’ici, on avait surestimé la productivité des forêts et des pâturages : en clair, on avait exagéré la capacité de la Terre à se régénérer et à absorber nos excès » aurait-il expliqué lors d’une conférence de presse.

Le plus récent rapport de Global Footprint Network indique qu’il faut un an et cinq mois à la terre pour générer les services écologiques (production de ressources et absorption de CO2) dont l’humanité a besoin chaque année. Cette consommation à crédit pourrait avoir des conséquences dramatiques puisque « nous n’avons qu’une Terre ». « Si vous dépensez votre budget annuel en neuf mois, vous allez probablement être extrêmement inquiet : la situation n’est pas moins grave quand il s’agit de notre budget écologique », a expliqué M. Wackernagel le 16 août. Le changement climatique, résultat d’une émission de carbone supérieure à la réabsorption de ce gaz par les forêts et les océans, est une des conséquences les plus visibles. Mais il y en a d’autres, comme la déforestation, les disparitions d’espèces animales et végétales, l’effondrement de la pêche, ou encore les difficultés de plus en plus grandes d’accès à l’eau potable.

Quid de l’empreinte écologique malgache ?

Madagascar n’est pas dans la liste des « débiteurs » des ressources écologiques de la planète, et produit même beaucoup plus de ressources que ce que sa population en consomme, sa biocapacité a violemment chuté depuis 1961. D’après Global Footprint Network, cela est dû à des problèmes de gestion de l’écosystème, aux pratiques agricoles (comme l’usage d’engrais et les méthodes d’irrigation), ou encore au climat.

Extrait Madagascar Tribune – jeudi 19 août 2010