Entre les investissements, les emplois créés et les recettes fiscales engendrées, le secteur des télécoms a pris une importance significative en Afrique subsaharienne. Dans ce contexte, Henri Tcheng, Associé au sein du Cabinet BearingPoint en charge au niveau Européen, Afrique et Moyen-Orient des activités Télécoms et Média, Jean-Michel Huet Senior Manager dans cette équipe et Mouna Romdhane, consultante notent, entre autres qu’en matière des enjeux financiers de l’explosion des télécoms en Afrique subsaharienne : « Les télécoms en Afrique ont pris une importance significative dans l’économie de la plupart des pays. En effet, le nombre de souscripteurs aux services mobile sur le continent Africain est passé de 51,8 millions en 2003 à 360 millions en 2010. La croissance du marché mobile et de l’Internet a été deux fois plus importante que celle enregistrée au niveau mondial. Les recettes des services télécoms représentent près de 5 % du PIB des États africains. Dans certains pays africains comme la Namibie, l’Ethiopie ou la Zambie, les ménages consacrent jusqu’à 10 % de leur revenu mensuel en téléphonie alors que ce coefficient budgétaire est de l’ordre de 3 % dans les pays développés. Le poids des produits télécoms dans la consommation des ménages africains confirme le rôle joué par la téléphonie. Les études d’économistes valorisent qu’un gain de 10 points en pénétration de téléphonie mobile entraîne une hausse additionnelle de 0,59 % pour le PIB/habitants. Ce pourcentage est revu à la hausse par une étude de la GSMA, l’association mondiale des opérateurs, réalisée en 2006, qui affirme que 10 % de croissance de la pénétration mobile engendre une croissance de 1,2 % du PIB d’un pays d’Afrique subsaharienne.

Et selon toujours les mêmes données, il est souligné, surtout, que la téléphonie mobile permet de réaliser d’importantes économies en termes de coût de déplacement. Compte tenu de l’état des routes et de l’importante superficie du territoire, plusieurs régions africaines demeurent non desservies par les transports et les réseaux de distributions. Aussi grâce aux télécoms, les agriculteurs se tiennent-il au courant du cours du marché en ville sans être obligés de se déplacer. Les retombées des technologies de communication s’apprécient directement à travers les milliers d’emplois créés (notamment par les grands groupes comme Orange, MTN, Orascom, Barthi-Zain, Vodacom, Milicom ou Maroc Télécom) et l’importance des recettes réalisées et indirectement avec l’apparition de nouveaux biens et services contribuant à soutenir l’activité des autres secteurs. Les TIC jouent également un rôle indéniable sur le développement social par exemple dans les domaines de la santé ou de l’éducation.
En outre, il est fait état que les télécoms en Afrique ont pris une importance significative dans l’économie de la plupart des pays modifiant ainsi le panorama financier. Actuellement, les impôts télécoms représentent une source de revenus considérable pour les gouvernements locaux. En effet, le marché de la téléphonie mobile génère 7 % des recettes fiscales totales de la région. Le secteur de la téléphonie mobile en Afrique subsaharienne générera près de 71 milliards de dollars en recettes fiscales entre 2000 et 2012.
De la sorte, il est avancé que le mobile joue également un rôle essentiel pour les transactions distantes, que l’on peut classer en trois catégories : les achats auprès de l’opérateur, les achats (et dons) auprès de tiers et le transfert de personne à personne (en local ou international). Ainsi, le mobile permet d’accélérer l’accès à des services tels que le paiement en ligne, la bancarisation et les micro-crédits, s’inscrivant pleinement dans des usages culturels africains telles les tontines. Le m-payment ouvre ainsi la voie aux micro-financements devenus indispensables aux personnes désirant lancer leurs activités. En Afrique, 60 % des 400 000 villages africains sont couverts par le réseau télécom alors que les agences bancaires ne sont souvent présentes que dans les grandes villes. Les populations rurales ont donc peu accès aux agences bancaires. Le m-paiement est devenu en 3 ans le second moyen de paiement en Afrique – après le « cash » – représentant dans un pays comme le Kenya le tiers des transactions financières.
Dans ce cadre, le rapprochement Barthi et Zain n’est qu’une première étape.
Pour plus d’informations, voirle site L’expansion.com& http://www.ifri.org/.
Extrait La Gazette de la Grande Île – Lundi 16 Août 2010