Alors que le taux de croissance annuel de Madagascar pour 2008 était prévu à 7,2 %, les perspectives pour 2009 ont été confirmées comme étant négatives. On estime que les niveaux globaux de vulnérabilité sont très élevés : près de 69 % de la population vit en dessous du seuil de la pauvreté, un taux qui est demeuré presque inchangé depuis 1993, malgré une croissance économique modeste mais constante. On estime que 44% de la population soit 8,3 millions de personnes vivent dans une situation de pauvreté extrême. Madagascar est aussi parmi les 18 pays dont le taux de prévalence de la malnutrition chronique est supérieur à 45%.

Plus, selon les données du Système des Nations Unies, Madagascar VISION STRATEGIQUE DU SYSTEME DES NATIONS UNIES MADAGASCAR PERIODE 2010-2011, il apparaît que la pauvreté touche en premier lieu la population rurale (représentant 80% de la population malgache) où les indicateurs sont les plus élevés. Dans certains endroits, notamment le Sud et l’Est/Sud est du pays, l’insécurité alimentaire et le taux de malnutrition chronique sont particulièrement élevés avec des crises nutritionnelles aigues qui se manifestent souvent suites aux catastrophes naturelles récurrentes. En milieu urbain également, plus de 50% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Les enquêtes en fin 2008 ont aussi montré que presque la moitié de ces pauvres sont en insécurité alimentaire et, dans la capitale, leur taux de malnutrition chronique est plus élevé que la moyenne nationale.

Une augmentation de la vulnérabilité d’une population, qui a peu de marge de manoeuvre pour faire face, risque de s’accentuer d’avantage suite à : (a) une hausse du taux de chômage (plus de 200.000 emplois ont été déjà perdus pendant 2009 dus à la crise et au ralentissement de la demande économique globale) ; (b) une réduction de la production agricole due au manque d’intrants habituellement fournis par le gouvernement mais absents en 2009 et (c) une mauvaise gestion possible de la régulation de prix de denrées alimentaires sur le marché. Bien que la population de la Capitale n’ait pas montré une détérioration marquée de sa sécurité alimentaire en 2009, partiellement due à une diminution des prix de denrées alimentaires de base, les tendances doivent être observées continuellement comme pendant la dernière crise politique et économique de 2001/02, où les indicateurs de pauvreté ont augmenté de 20% dans les zones urbaines contrairement à 10% dans les milieux ruraux, la capitale étant la plus affectée. Beaucoup dépend du développement ultérieur du secteur agricole et des opportunités d’emploi dans les secteurs secondaire et tertiaire déjà négativement affectés.
 
Madagascar est le pays le plus exposé aux cyclones en Afrique (3-4 cyclones majeurs par an) ce qui entraîne des effets dévastateurs sur sa population et son économie. L’évaluation des dommages, pertes et besoins pour la réhabilitation et la reconstruction menée en 2008 a estimé les dommages et pertes à 333 millions de dollars soit 4% du GDP. 25% de la population vivent dans des zones à risque et les trois dernières années, entre 121.000 et 353.000 personnes ont été affectées. En même temps, des périodes de sécheresse affectent les régions dans le sud du pays, soit 1.3 million de personnes. Environ 9500 enfants ont été pris en charge pour malnutrition sévère en 2009. Le mécanisme national pour répondre à ces urgences a été désorganisé suite à la crise.
Extrait La Gazette de la Grande Île – Vendredi 13 Août 2010