Les temps ont changé pour les riziculteurs de la région de l’Alaotra, qualifiée d’être le grenier à riz de Madagascar. En effet, selon un technicien travaillant à Ambatondrazaka, un des responsables au stand de la Région, de l’Alaotra Mangoro à la FierMada, la situation de ces paysans s’est fortement dégradée à tel point que beaucoup d’entre eux, notamment, les petits exploitants, sont contraints de vendre, pour ne pas dire, brader leurs rizières, qui sont des patrimoines familiaux.

Petits exploitants

«Il y a quelques années de cela, après surtout les réformes agraires, les paysans de l’Alaotra ont reçu un lot de 4 hectares de rizières. Actuellement, les générations successives se partagent la même superficie de terrain et c’est normal si ces gens voient leur vie se dégrader», devait expliquer le technicien. De ce fait, il ne reste plus des 4 hectares que quelques centaines de mètres carrés de rizières. Ce qui ne suffit même pas pour nourrir une famille et le mot professionnalisme n’existe pas dans le langage de ces opérateurs économiques. A ce rythme, on craint fort que ces derniers ne cultivent du riz pour assurer leur subsistance.

Faut-il en effet, noter que les petits exploitants, même si l’on se trouve encore dans la période des récoltes dans cette zone, ont déjà vendu leurs productions. La majorité de ces paysans, faut-il savoir,   ont des dettes à payer. En  effet, la seule ressource financière de ces riziculteurs est la vente des produits de la terre. 

 Prix  aux producteurs

Mais avec la chute des prix aux producteurs, les paysans ne tirent plus grand-chose de leurs rizières. En  effet, le  prix du paddy varie sur une fourchette assez large de 300 ariary (contre 100 ariary auparavant) et cela ne facilite pas la vie des producteurs. Le  prix  du paddy se situe désormais à 500 ariary. Un niveau très bas par les paysans mais ces derniers ne peuvent pas faire autrement. Les collecteurs, ceux qui détiennent l’argent, dictent le  prix . Il ne faut pas oublier non plus que les importations de riz effectuées par les professionnels de la filière, ne font qu’empirer la situation.

Extrait Midi Madagasikara – Samedi 07 août 2010