Un programme de renforcement des capacités des organisations intermédiaires, financé par la Commission Européenne, a été lancé début août à Madagascar. Il s’agit du Capdev-Océan Indien, que la Chambre de commerce et d’industrie franco-malgache (CCIFM) a présenté aux journalistes le mercredi 4 août 2010.

Ce programme s’adresse aux entreprises intermédiaires, c’est-à-dire les groupements d’entreprises, tous secteurs confondus. Ses bénéficiaires sont pour l’instant le Centre technique horticole de Tamatave (CTHT), le Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP), le Groupement des opérateurs des TIC (Goticom), l’Office National du Tourisme de Madagascar (ONTM), la Cluster Textile de Madagascar (Textil’Mada), le Syndicat des industries de Madagascar (Sim) et le Jeune patronat de Madagascar (JPM). Cette liste n’est pas fermée : la CCIFM fait savoir aux autres organisations intermédiaires qui pourraient être intéressées qu’une adhésion en cours de projet reste possible, dans la limite du raisonnable.

Dans ce programme, qui doit durer jusqu’à la fin août 2011, pas d’investissements massifs ou d’injection de fonds mais un renforcement des capacités, qui va passer par des compagnonnages et des rencontres interprofessionnelles. Mais André Beaumont, le président de la CCIFM précise que même si ces investissements ne sont pas prévus dans le strict cadre du programme, « rien n’empêche que les compagnonnages et les rencontres n’aboutissent à des partenariats économiques ».

Compagnonnages et rencontres interprofessionnelles

Dans le programme Capdev-Océan Indien, le textile est « indiscutablement privilégié », ce qui se justifie, d’après les agents présents à la conférence de presse de mercredi, par le fait que ce secteur est à la fois un des plus gros employeurs et le plus organisé. Deux rencontres seront spécifiquement consacrées à ce secteur : les Entretiens textiles de l’océan Indien qui seront organisées à Antananarivo en 2011 et pour la première fois à Paris en septembre 2011. Les industries sont quant à elles plutôt concernées par le volet compagnonnage du projet Capdev-Océan Indien. Il s’agira pour des experts issus de l’Union Européenne d’opérer un transfert de compétences vers les entreprises malgaches. Ces compagnonnages s’échelonneront pendant toute la durée du programme. Ils sont 15 à être prévus pour l’instant. Ils devraient aussi concerner le secteur touristique, mais Mme Vola Raveloson, directeur exécutif de l’ONTM, explique que leurs modalités d’organisation sont encore à l’étude.

Enfin, le projet Capdev-Océan Indien comprend deux autres rencontres professionnelles multisectorielles. La première aura lieu à Rouen en avril 2011. 85 opérateurs malgaches devraient se rendre dans la ville normande pour chercher avec des professionnels européens des solutions à leurs problèmes de tous ordres : logistique, financier… La dernière rencontre se déroulera à Antananarivo, au terme du projet, et aura pour but, d’après André Beaumont, de conclure des partenariats et de « faire en sorte que la réussite de ce programme entraîne la réalisation de projets plus vastes ». Car pour le président de la CCIFM, il n’y a pas lieu de douter du succès de Capdev-Océan Indien : « si on entreprend un projet, c’est pour le réussir », assure-t-il.

Le coût total du projet est de 1,904 million d’euros, et sera assuré à 80% par la Commission européenne.

L’Union trans-sectorielle du privé face à la crise

Capdev-Oséan Indien ne constitue pas la première initiative multisectorielle à Madagascar. De tels projets paraissent au contraire se multiplier ces derniers temps. Ce que Sandrine Duglat, présidente de Textil’Mada, explique en partie par la crise politique : « Le secteur privé doit fonctionner de manière autonome par rapport au public, et le groupement nous rend plus forts. Ensemble, nous ne promouvons pas seulement le textile, mais tout Madagascar ».t de 1,904 million d’euros, et sera assuré à 80% par la Commission européenne.

La présidente de Textil’Mada, dit néanmoins que l’organisation professionnelle a relativement peu souffert de la crise, ses produits étant à 90% destinés au marché européen.

Extrait Madagascar Tribune – jeudi 5 août 2010