Avec 80% de la population malgache qui y ont recours, la médecine traditionnelle a encore de beaux jours devant elle. Le secteur se substitue souvent à la médecine moderne, dont l’accès reste difficile dans les zones les plus reculées du pays. Aussi, les tradipraticiens prennent en charge les maladies des populations de ces localités, en leur proposant des remèdes, essentiellement des plantes médicinales. On leur reproche, entre autres, de ne disposer d’aucune échelle de mesure afin de déterminer les doses exactes administrées aux patients. Infusions, décoctions et autres formes de remèdes traditionnels proposés par les tradipraticiens sont en effet, mesurées suivant des « unités de mesure » tout aussi ancestrales : poignées, pincées, etc.,  ou alors en comptant le nombre de feuilles de plantes à faire bouillir, pour obtenir un remède.  Ces doses sont, pour la plupart, basées sur les expériences des tradipraticiens. Chacun d’eux garde jalousement l’origine, la nature et les doses des remèdes qu’ils prescrivent, dont les secrets ont, pour la plupart, été transmis de génération en génération. Les patients, pour leur part, se fient à la réputation du tradipraticien et font entièrement confiance à celui-ci. A tel point que certains patients ne décident de se tourner vers les médecins que lorsque leur traitement auprès du tradipraticien n’a pas pu les guérir, alors que la maladie a déjà eu le temps de s’aggraver.

On dénombre environ 6 000 tradipraticiens dans tout le pays, mais tous ne sont pas membres de l’association, créée il y a plusieurs années, afin de donner un cadre plus formel et une valorisation du métier de tradipraticien. Mieux, faire d’eux des partenaires des professionnels de santé qui, eux, pratiquent la médecine moderne.
Extrait Midi Madagasikara – Lundi 2 août 2010