L’Assemblée générale de l’ONU a adopté mercredi une résolution dans laquelle elle déclare que le droit à une eau potable, salubre et propre est un « droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme ».

La résolution appelle les États et les organisations internationales à « fournir des ressources financières, à renforcer les capacités et à procéder à des transferts de technologies, grâce à l’aide et à la coopération internationales, en particulier en faveur des pays en développement ». L’objectif est d’accroître les efforts pour fournir « de l’eau potable, salubre, propre, accessible et abordable et l’assainissement pour tous ».

Dans sa résolution, qui a obtenu 122 votes pour, 0 contre et 41 abstentions, l’Assemblée générale reconnaît « l’importance que revêt l’accès équitable à une eau potable salubre et propre et à des services d’assainissement, qui fait partie intégrante de la réalisation de tous les droits de l’homme ». Le texte réaffirme aussi la responsabilité des Etats dans « la promotion et la protection de tous les droits humains qui sont universels, indivisibles, interdépendants et intimement liés qui doivent être traités globalement, de manière juste et égale, sur un pied d’égalité et avec la même priorité ».
Les Etats membres rappellent également l’engagement de la communauté internationale à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), notamment l’objectif 7 qui visait, en 2000, à « réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas d’accès à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base ».
Dans ce contexte, et concernant Madagascar, les données de la Banque mondiale relatif au secteur de l’eau et de l’assainissement : pour une approche intégrée et dirigée vers les besoins des usagers, Patrice Rakotoniaina, mentionnent ; surtout, que le secteur de l’eau et de l’assainissement se révèle difficile à cerner. L’eau et son usage constituent en effet l’affaire de tous : à commencer par celle les ménages pour leurs besoins alimentaires et d’hygiène ; l’affaire des agriculteurs pour arroser leurs champs ; ou encore celle de l’Etat et des communes pour la gestion des réserves et de l’environnement.
Et la même source de faire état, entre autres, que même en limitant le contexte, le secteur de l’eau potable et de l’assainissement fait encore aujourd’hui face à d’importants défis à Madagascar. On peut citer principalement, l’accès limité à l’eau potable. Avec un taux de 41 % en 2008, Madagascar figure parmi les pays les plus en retard d’Afrique subsaharienne, dont la moyenne se situe à 58 % . Ce retard s’explique en milieu rural par l’insuffisance de l’effort pour passer à l’échelle, malgré les progrès constatés au cours de ces dernières années. En milieu urbain, on assiste à une dégradation progressive des services fournis du fait de la lenteur des réformes et du manque de ressources financières pour mener les interventions nécessaires en matière d’extension et de réhabilitation des réseaux.
Et au sujet des fortes disparités entre Régions, et entre urbain et rural, les mêmes données indiquent, notamment, qu’elles portent à la fois sur le nombre de personnes encore privées d’accès à l’eau potable (8,8 millions de personnes en milieu rural contre 2,3 millions en milieu urbain en 2008), et sur la disponibilité et la qualité des ressources en eau (eaux souterraines et cours d’eau non permanents pour les régions Nord-ouest, Sud et Sud-ouest ; eaux de surface – rivières, lacs – pour les régions du littoral Est), qui modifient l’enjeu suivant les Régions…
A ces défis, peut-on toujours lire dans le document de la Banque mondiale, viennent s’ajouter la faible capacité des départements successifs en charge du secteur (personnel technique qualifié insuffisant, structure organisationnelle fortement centralisée) et l’insuffisance de la programmation et du suivi évaluation. Il en est résulté principalement une connaissance insuffisante de la situation exacte de l’état des infrastructures existantes, d’où la difficulté à mettre en place un programme cohérent de réhabilitation et/ou d’extension ainsi que de renforcement de capacité.
Bref, l’accès à l’eau et à l’assainissement se présente comme l’un des principaux défis pour les ménages malgaches. Non seulement les taux d’accès sont parmi les plus bas du monde mais les progrès sont restés marginaux au cours des dernières années. Les raisons, multiples, se trouvent aussi bien du coté de l’offre, comme la désorganisation du cadre institutionnel et le manque de ressources budgétaires consacrées à ce secteur, que de la demande par le manque d’initiatives des groupes d’usagers. Pourtant, pour le court et le moyen terme, l’objectif national est atteindre un taux d’accès à l’eau potable de 65 % et de l’assainissement de 57,5 % pour l’ensemble du pays à l’horizon 2015.
Extrait la Gazette de la Grande Île – Samedi 31 Juillet 2010