Elle attire de plus en plus de paysans selon Voahirana Rasehenosoa, une des lauréats du Trophée du jeune agriculteur ou TJA 2009. Cette jeune femme mariée et mère de deux enfants travaille dans la production de foie gras de canard, une filière très prisée dans la commune rurale de Behenjy. Avec un financement plus conséquent, cette filière est porteuse puisque le gaveur peut alterner le gavage de ses canards et enregistrer ainsi deux productions par mois. Le gaveur tire en moyenne un bénéfice de 4 000 ariary par canard gavé. Le foie de celui-ci pèse dans les 400 grammes mais il se peut qu’il atteigne jusqu’à 600 grammes. A l’heure actuelle, le kilo de foie auprès du gaveur est de 20 000 ariary. Pendant les fêtes, le prix augmente pour atteindre les 30 000 ariary. Ce phénomène s’explique par la hausse des prix de l’alimentation animale sur la même période. Pour l’heure, le kilo du maïs vaut 450 ariary et peut culminer à 700 ariary à partir de novembre-décembre. L’alimentation des canards à gaver est composée de maïs non concassé, d’un peu d’huile alimentaire et de sel. Il faut 10 kg de maïs par canard à gaver pendant les 20 jours de gavage.

Pour la lauréate du TJA 2009, le financement à taux zéro décroché lors de ce concours lui a permis de porter son cheptel de 50 à 70 canards. Et au lieu d’en acheter à Behenjy au prix de 10 000 à 11 000 ariary l’unité, elle a pu se déplacer à Fianarantsoa et acheter le cheptel supplémentaire à 7 000 ariary l’unité. Notons que 15 sur les 22 fokontany de Behenjy produisent du foie gras. Les données de 2009 fournies par la commune font état d’une production de 3 tonnes de foie gras par mois. Les paysans sont attirés par cette filière car la production ne suit pas encore la demande locale. A part les clients de passage en effet, le foie gras est écoulé dans les épiceries fines et les grandes surfaces de la capitale. Même si ce produit est sous embargo européen depuis 1997, beaucoup d’Européens résidents et de passage l’apprécient beaucoup. Le livre d’or de certains restaurants de Behenjy l’atteste. Comme quoi, l’embargo européen n’a pas empêche la filière foie gras de se développer sur le marché local.
Extrait La Gazette de la Grande Île – Mercredi 21 Juillet 2010