Les effets dévastateurs de la crise malgache sur l’économie se multiplient. L’industrie textile est la plus touchée. En effet, d’après le dernier rapport économique de la Banque Mondiale, l’on a compté pas moins de 25 000 emplois perdus durant le premier semestre 2010.

Des pertes d’emplois, consécutives, rappelons-le, à la suspension de l’AGOA. Faute de commandes sur le marché américain qui constitue le plus gros marché du textile malgache, nombre d’entreprises franches ont dû fermer leurs usines. Les troubles consécutives à la crise aidant, ces entreprises franches ont été obligées de se délocaliser, transférant ainsi les emplois vers d’autres pays où les conditions de travail  sont meilleures.
Aggravation. Au désavantage évidemment des milliers d’employés malgaches qui se retrouvent ainsi, pour la plupart dans la rue. Raison pour laquelle on assiste depuis la crise de 2009, à une aggravation de la pauvreté à Madagascar. Ce qui fait dire aux observateurs que les effets de cette crise malgache, du fait de sa très longue durée, sont pires que les conséquences des conflits armés, parce qu’elle détruit la vie de nombreuses familles et provoque une généralisation de l’insécurité. Pour preuve, presque chaque jour, l’on entend parler dans les journaux d’attaques à main armée qui font, malheureusement, des pertes en vie humaine.
Démagogie. Pire, c’est que les autorités actuellement au pouvoir n’arrivent visiblement pas à trouver les solutions pour adoucir la souffrance de ces milliers de familles sans emploi. Quand bien même, le gouvernement de transition en général et le ministère de l’Economie et de l’Industrie avait promis, de trouver des alternatives à l’AGOA. On se rappelle, sur ce point la déclaration du ministre Fienena Richard selon lequel, la dévaluation de l’ariary figurait parmi les solutions pour les zones franches. La réalité actuelle ne va pas dans le sens de cette déclaration, puisque malgré une monnaie nationale qui s’est dévaluée automatiquement sur le marché interbancaire des devises, la situation pour les entreprises franches ne s’est pas améliorée. Un autre membre du gouvernement s’était également versé dans la démagogie, en annonçant que le textile peut être remplacé par la création d’entreprises franches spécialisées dans les nouvelles technologies de l’information. Or jusqu’à maintenant, aucune nouvelle entreprise de ce secteur n’est toujours pas en gestation.
Secteur informel. En tout cas, face à la situation de plus en plus insupportable, les milliers de « very asa » qu’a fait la transition, dont les dirigeants avaient pourtant promis mille merveilles, sont obligés de se débrouiller eux-mêmes. D’où, l’émergence de nombreuses activités du secteur informel. Les petits commerces apparaissent partout, mais ne règlent pas les problèmes puisque le pouvoir d’achat de la classe la plus pauvre, aussi bien que celui de la classe moyenne ne suffit plus pour faire face au minimum vital. D’ailleurs, la note économique de la Banque Mondiale confirme ce foisonnement du secteur informel, dont on connaît d’ailleurs les impacts négatifs, à moyen et long terme sur l’économie. En tout cas, face à l’aggravation des problèmes, tout le monde s’accorde maintenant à dire que la solution est de mettre rapidement fin, à cette transition, afin de permettre à tout le monde de s’atteler aux actions de relance économique. Bref, la balle est entre les mains des protagonistes politiques
.
Extrait Midi Madagasikara – Lundi 19 Juillet 2010