« Cela fait plus d’un an que nous sommes au chômage. Nous avons eu recours au tribunal par deux fois, mais ce dernier est impuissant face à notre problème» exposent Berthe R., Ranoromanana, Marceline R. et Marie Lydia R., toutes des femmes qui ont travaillé depuis une bonne vingtaine d’années dans une zone franche située dans la capitale. « Notre cas n’est pas isolé, c’est ce qu’endurent la plupart des personnes qui ont travaillé dans des zones franches et qui ont du s’arrêter pour chômage technique, depuis le début de la crise ». A Madagascar, on recense à ce jour près de 50 000 employés en zone franche qui ont perdu leur emploi. Comme Lydia, ils sont 500 dans cette zone franche, concernés par l’affaire. Et c’est toute une vie qui s’effondre. « Plus personne ne nous recrutera. De toute façon, comme nous avons été remerciées ou motif de chômage technique, nous n’avons pas de certificat de travail » exprime Ranoromalala. Alors que l’entreprise a fermé ses portes en 2009, les employés ont fait appel à l’inspection du  travail pour obtenir leurs droits, soit le solde de tout compte, les indemnités à la Cnaps et à l’Ostie, une valeur estimée à 12 milliards fmg. N’ayant reçu aucune réponse, ils sont allés au ministère de la Fonction Publique puis grâce à l’aide du Fisema, ils ont obtenu du tribunal la réouverture de l’entreprise pour le 16 novembre 2009. Ce qui ne fut pas le cas. Une deuxième tentative avec l’appui de la SVS a encore été infructueuse. « Nous sommes trop âgées, nous ne retrouverons plus un autre  travail. Alors, on voudrait juste obtenir ce qui nous revient » conclut Berthe, totalement désespérée.

Extrait Midi Madagasikara – Vendredi 16 Juillet 2010