«Il n’y a pratiquement personne dans les hôtels de Fort Dauphin», ceci est le témoignage d’une journaliste de Corse Matin, qui vient d’effectuer un eductour à Fort dauphin avec quatre autres de ses confrères des journaux régionaux de France. Le constat fait par cette professionnelle relate effectivement la réalité des opérateurs hôteliers de Taolagnaro, qui, depuis le déménagement des techniciens du projet minier dans les habitations, construites spécialement pour eux, ne reçoivent pratiquement plus de clients.

Taux d’occupation très bas
Un opérateur hôtelier travaillant à Fort Dauphin confie : «Les restaurants sont vides, le taux d’occupation des hôtels est très bas pour l’ensemble des établissements hôteliers de la région. Il y a même des hôtels qui n’ont personne pendant une très longue période» Ce dernier explique qu’avant, quand le projet minier de Qmm était dans sa phase de construction, les chambres de tous les hôtels de Fort Dauphin, ont été réservés pour loger les membres du personnel de cette entreprise minière. A l’époque, rappelle l’interlocuteur, certains promoteurs hôteliers n’hésitaient pas à investir parce que la demande était très forte.
Pendant ces moments, Fort Dauphin snobait le tourisme. «L’on se rappelle de l’époque où l’on avait du mal à trouver une chambre pour nos clients touristes», devait affirmer un responsable de Tour opérateur. Actuellement, les professionnels de l’hôtellerie de Taolagnaro, abandonnés par les cadres du projet Qmm, comptent bien se relancer grâce au tourisme. Seulement, ce secteur, malgré les fortes potentialités de la région, n’a jamais très bien marché. Les professionnels locaux du tourisme ne s’en sont rendus compte qu’après avoir perdu tout ce beau monde qui remplissait leurs chambres.
Action ciblée

En effet, Fort Dauphin n’a jamais profité des actions de promotion menées par les opérateurs touristiques malgaches sur les marchés internationaux. Heureusement, l’Office National Malgache du Tourisme entreprend des actions ciblées pour la région. L’eductour pour les journalistes français qui s’est tenu à Taolagnaro la semaine dernière en constitue la concrétisation. Même, ces journalistes français ont remarqué que la ville ne profite pas réellement, du moins jusqu’à présent, des bienfaits de ce gigantesque projet minier. Maintenant que le projet commence à vivre de manière plus ou moins autonome, la population de la région Anosy se rend de plus en plus compte qu’il n’y a pas de manne tombée du ciel.

Extrait Midi Madagasikara – Mardi 06 Juillet 2010