Après la hausse de plus de 10% des prix des carburants, on s’attend actuellement à une inflation généralisée.

Quinze mois après la prise de pouvoir par la force, le Président de la Haute Autorité de la Transition Andry Rajoelina n’a pas encore pu réaliser la majeure partie de ses promesses. En pleine fougue et haranguée par la foule qui le supportait partout où il allait, lors de ses premières « tournées présidentielles », le jeune homme fort de la transition  avait notamment déclaré qu’il allait rechercher tous les moyens pour permettre à la population de disposer de produits de première nécessité. Il était même question, lors du mandat du premier ministre Monja Roindefo de vendre des carburants à desprix  plus bas que ceux du marché.
Produits de première nécessité
Un peu plus de quinze mois plus tard, aucune de ces promesses n’a été réalisée. Au contraire, l’on assiste actuellement à une hausse  généralisée des prix. Surtout après la dernière hausse très importante des prix des carburants constatée la semaine dernière. Les observateurs économiques sont unanimes à reconnaître qu’une inflation généralisée s’annonce après cette hausse  des prix des carburants. A commencer évidemment par les produits de première nécessité dont les prix suivent automatiquement celui du gazole, en raison du fait que le coût du transport influe considérablement sur la structure des prix. Comme le gazole est le produit pétrolier qui a connu la plus forte hausse  avec 3 000 ariary le litre, un danger énorme plane sur les consommateurs dont le pouvoir d’achat s’est fortement effrité depuis le début de la crise.
Le pire
Des consommateurs qui risquent également de connaître pire, avec une possible hausse des tarifs des transports en commun. Cela fait en effet des années que les transporteurs, n’ont pas bougé leurs prix, et ce, malgré la hausse répétée des prix des carburants. Cette fois-ci, en raison de l’importance de la hausse  du gazole, le produit le plus utilisé dans le secteur, les transporteurs pourraient évidemment réviser leurs tarifs à la hausse. A moins évidemment que le gouvernement ne trouve des moyens de négocier avec les transporteurs en vue de maintenir les prix. A propos de négociations justement, les pourparlers ont déjà commencé entre le gouvernement et les pétroliers, afin de maintenir les prix actuels ou du moins d’appliquer une hausse moins importante. Une négociation qui s’avère extrêmement difficile dans la mesure où les pétroliers ont déjà annoncé qu’ils ont déjà fait une énorme concession en maintenant les prix à son niveau d’avant la hausse sur une période qui dépassait la normale.
Cessation de paiement
Quant au gouvernement sa marge de manœuvre s’avère de plus en plus étroite. En effet, l’un des moyens de convaincre les pétroliers à revenir sur les anciens prix est par exemple de leur donner de nouveau un avantage de changes en revenant sur le taux fixe de 2 100 ariary le dollar pour les achats pétroliers. Or, la baisse des réserves en devises que traverse actuellement la Banque Centrale ne pourra pas permettre à cette dernière d’accorder ce privilège aux pétroliers, au risque, pour elle d’entamer ses réserves. Avec ce que cela suppose évidemment de danger puisque, à terme, le pays pourrait se retrouver en cessation de paiement dans ses échanges extérieurs.
Discrimination
L’autre possibilité pour l’exécutif transitoire est de réviser à la baisse le taux des taxes sur les produits pétroliers afin de permettre aux pétroliers et d’alléger ainsi les charges des compagnies pétrolières, et de permettre ainsi à ces dernières de baisser leurs prix. Mais la mesure s’avère également difficile à appliquer puisque non seulement, cela ressemble à une discrimination d’accorder des avantages aux seuls produits pétroliers, mais également, la révision d’un taux de la taxe sur les produits pétroliers, entraînerait une baisse des recettes fiscales, et nécessiterait une loi de finances rectificative. Ce d’autant plus qu’une baisse des recettes fiscales n’est pas la meilleure option pour le gouvernement de la HAT, réduit à la politique d’austérité budgétaire et dont les caisses se vident de jour en jour. Alors que faute de reconnaissance internationale, le régime actuel qui s’entête dans sa solution unilatérale de sortie ce crise n’arrive toujours pas à décrocher le moindre dollar des bailleurs de fonds.
Extrait Midi Madagasikara – Lundi 05 Juillet 2010