Les conséquences sont néfastes pour ne citer que l’extinction massive des espèces floristiques et faunistiques, qui plus est, endémiques au pays.

Des expositions sur la biodiversité suivies d’une conférence-débat entre tous les acteurs ont été organisées deux jours durant dans le cadre de la célébration de l’Année Mondiale de la Biodiversité à Fianarantsoa. La destruction de l’habitat naturel a été ainsi au vif du débat. Et deux principales causes ont été évoquées, à savoir, l’invasion des exploitants miniers illégaux et le défrichement dans le corridor forestier à Ankarimbelo, dans le district d’Ikongo. Ces derniers temps, une ruée vers l’or a été, entre autres, constatée. Les communautés de base qui assurent la gestion des aires protégées n’ont pas pu empêcher les exploitants miniers illicites à y entrer en raison de leur nombre.
Responsabilités de l’administration. En effet, ils comptent plus de 1 000 personnes à envahir la forêt protégée, et encore, ils sont munis d’armes blanches comme les pieds-de-biche, témoignent les membres de la communauté de base locale. Des campements y ont été installés sans compter le défrichement même dans les forêts qualifiées sacrées pour la population locale. A part la ruée vers l’or, des miniers ne disposant d’aucun permis légal exploitent également du corindon dans ce corridor forestier, a-t-on appris. Et lors de la conférence-débat, le Dr Fara Lala Razafy, leader écorégional du programme Ala Alitsinana au sein du WWF a souligné que la hantise de la destruction des habitats naturels causant l’extinction massive des espèces floristiques et faunistiques est très présente. Comme solution proposée, les participants ont émis des recommandations comme quoi l’administration doit prendre ses responsabilités face à ce phénomène qui s’avère plus préoccupant. La gestion des sites forestiers confiée aux communautés de base est également à déterminer.
Contribution de la conservation. Mais en marge de cette manifestation organisée par le WWF dans le cadre de la célébration de l’Année Mondiale de la Biodiversité, des experts dans le domaine de l’environnement veulent s’interroger sur cette question fondamentale : « En quoi la conservation peut contribuer au bien être de la population tout en ciblant les bailleurs de fonds et les acteurs œuvrant pour l’élaboration du plan d’action environnemental dans le pays ? ». En effet, les valeurs socio-économiques de la conservation lors de la mise en place des systèmes de transfert de gestion des aires protégées, n’ont pas été jusqu’ici mesurées, même si l’on reconnaît que la vie de tout un chacun en dépend. Sujet à réflexion !
Extrait Midi Madagascar – Jeudi 01 Juillet 2010