Le PACP a identifié près de 21 000 pêcheurs traditionnels dans la région du Sud-Ouest de Madagascar.

Les retombées économiques positives ne sont pas négligeables pour la mise en place du Projet d’Appui aux Communautés des Pêcheurs (PACP) financé par la Banque Africaine de Développement  à Toliara. A titre d’illustration, « 44 sur les 50 réserves marines prévues sont maintenant installées et opérationnelles dans notre zone d’intervention entre Soalara et Morombe dans la région Sud-Ouest », a déclaré le Dr Ratsirisija Armand Colin, le directeur du projet, lors d’une conférence de presse hier. Le PACP a créé les 26 réserves marines et les 18 autres ont été mises en place en partenariat avec l’ISHM, l’ONG Blue Venture et le WCS dans les communes de Befandefa, Manombo Sud, Belalanda et Saint-Augustin.
Hausse de 15% de la production. En fait, ces réserves marines ont été installées de commun accord avec les pêcheurs traditionnels et suite aux études des scientifiques en raison de la surexploitation, notamment le poulpe qui a été presque menacé. Pourtant, ce produit fait la réputation de la région Sud Ouest car 2/3 de la quantité exportée par Madagascar en proviennent, selon les statistiques. Les réserves marines sont ainsi fermées pendant 1 à 3 mois pour permettre aux espèces halieutiques de se reproduire et de grossir tout en respectant le calendrier d’ouverture de pêche. Comme résultat, les pêcheurs traditionnels ont pu capturer des poulpes pesant entre 5 à 9kg l’unité  contre moins de 400g auparavant, a évoqué le directeur du PACP. Les trois premiers jours de pêche, la production par pirogue a atteint entre 1 à 1,5 tonne de poulpes et même pendant 3 mois, les poulpes pesant plus de 1kg sont abondantes alors que c’était un objectif fixé pour 2012, a-t-il poursuivi. Ce qui améliorera sûrement les revenus des pêcheurs traditionnels. Une hausse de 15% de la production de poulpes de la région est aussi observée depuis ces dernières années avec une quantité exportée uniquement par COPEFRITO entre 400 à 500t/an.
Formalisation des pêcheurs. Entre temps, le PACP a posé des Dispositifs de Concentration des Poissons de type artisanal au niveau des 4 plate-formes de pêcheurs gérant les 44 réserves marines comme mesure d’accompagnement durant leur fermeture. Les résultats sont également palpables car chaque pirogue a obtenu une production de poissons entre 20 à 40kg/jour contre 5 à 10kg auparavant, selon toujours le Dr Ratsirisija Colin. Le projet a formé plus de 540 pêcheurs en matière de technique de pêche et plus de 240 femmes en technique de conservation et de transformation en vue d’augmenter la valeur marchande des produits de pêche. Ce n’est pas tout ! Plus de 378 millions d’Ariary sont prévus pour 150 groupements de pêcheurs sélectionnés dans les zones d’intervention du projet sous forme de crédit test, sans oublier l’immatriculation de 1780 pirogues et la formalisation de 7500 pêcheurs via la distribution des cartes pêcheurs. Bref, c’est tout le secteur pêche qui est redynamisé !
Extrait Midi Madagasikara – Mardi 29 Juin 2010