Les récentes statistiques effectuées sur la santé et la reproduction à  Madagascar révèlent des réalités qui relient la pauvreté au besoin réel de planification familiale. Le niveau d’instruction et les paramètres culturels et géographiques mettent en lumière ces explications.

Fécondité et instruction. Un sondage représentatif effectué par l’Instat et ses partenaires entre janvier et août 2009 sur 17 857 ménages, dont 17 375  femmes et 8 586 hommes, à travers les 22 régions, expliquent clairement la relation entre le taux de fécondité et le développement d’une famille. Selon les statistiques, une  femme malgachedonne naissance à 4,8 enfants. Ce taux varie cependant d’une zone à une autre, car les  femmes des zones urbaines donnent naissance en moyenne à 2,9  enfants   tandis que celles des zones rurales ont 5,2  enfants. Selon toujours ces statistiques, les femmes n’ayant reçu aucune instruction donnent naissance à beaucoup plus d’enfants, avec 6,4 enfants  contre 3,1 pour celles qui ont dépassé les classes secondaires. Enfin, les  femmes pauvres ont en moyenne 6,8  enfants   tandis que les plus riches n’enfantent que 2,7 bébés. Ces figures montrent clairement la relation entre la fécondité, l’instruction et le niveau social. Car plus la femme est instruite, moins elle enfante durant sa vie et son pouvoir d’achat ne s’en porte que mieux.

Fécondité et pauvreté. Néanmoins, les paramètres culturels sont à prendre en compte. A Madagascar, particulièrement dans les zones rurales, « les  enfants   représentent la richesse ». Cet état d’esprit explique le besoin d’une famille rurale à avoir beaucoup d’enfants pour aider les parents plus tard. D’ailleurs, les filles des campagnes enfantent bien plus tôt que celles des grandes villes. Bien que 94% des femmes enquêtées connaissent la contraception, très peu d’entre elles, une  femme sur deux n’en utilise par peur des effets secondaires ou simplement par choix. Là encore, le niveau d’instruction compte pour beaucoup dans la connaissance et l’application des méthodes contraceptives. En réalité, les femmes malgaches veulent avoir des  enfants , peu importe leur niveau de revenu. La pauvreté s’explique pourtant très clairement par ces statistiques qui donnent de l’importance à l’instruction des filles pour que celles-ci retardent l’âge du premier enfant, et qu’elles suivent un planning familial pour espacer et limiter le nombre d’enfants. Les sensibilisations sur le planning familial sont importantes, notamment dans les zones rurales. Si les parents sont conscients que le nombre élevé d’enfants dans la famille expose ces derniers à la pauvreté et à un faible niveau d’instruction, obligeant ces derniers à travailler dans de dures conditions de travail pour survivre et aider  le ménage à subvenir aux besoins les plus essentiels, ils comprendront plus facilement qu’il est important de suivre une méthode de contraception pour offrir une meilleure qualité de vie à leurs enfants. Mais là, c’est une autre lutte !

Extrait Midi Madagascar – Mercredi 09 Juin 2010