Les derniers spécimens avaient été aperçus en 1985. Une étude scientifique vient officiellement de classer l’oiseau comme disparu.

Une espèce rare. Peu connu du grand public, le grèbe roussâtre était suivi par une poignée d’ornithologues, spécialistes des oiseaux rares. Long de 20cm et doté de courtes ailes, il avait été découvert en 1932. Le grèbe, habitué des marais, avait élu domicile sur le lac Alaotra, le plus vaste de la Grande Ile. Selon certaines estimations, près de 20 couples subsistaient dans les années 90, ce qui classait l’oiseau parmi les espèces en voie de disparition.

Officiel. Oiseau endémique de Madagascar, le grèbe roussâtre n’est plus. C’est le constat tiré par des scientifiques après un récent recensement. Membre de l’association Birdlife International, le Dr Léon Bennun a déclaré qu’il n’y avait « plus d’espoir » d’en retrouver. La dernière disparition d’un oiseau remonte à 2008, un pigeon originaire du Pacifique avait alors été officiellement disparu. L’Union mondiale pour la conservation de la nature a d’ores et déjà mis à jour sa liste des oiseaux en danger.

Un poisson responsable ? Les causes de cette disparition sont multiples. On soupçonne un poisson carnivore d’être à l’origine de son extinction. Les poussins sont, en effet, des proies faciles pour les prédateurs. Autre facteur, l’hybridation. Le nombre de grèbes castagneux, présents eux aussi sur le lac, s’est accru. On a alors constaté une forte augmentation d’oiseaux « hybrides », contribuant à diminuer les populations de grèbe roussâtre.

L’Homme pas innocent. L’écosystème de cet oiseau rare a été modifié au cours du siècle dernier. Le poisson incriminé par les scientifiques a été introduit par l’Homme. La pêche pratiquée sur le lac présente des dangers pour les espèces animales. Le grèbe est un oiseau plongeur qui craint les filets,  qui sont une cause de noyades. Enfin, l’espèce a souffert de la dégradation de son milieu naturel. La  pollution, avec, par exemple, l’utilisation de pesticides, constitue une réelle menace pour la biodiversité.

Extrait Midi Madagasikara – Mercredi 09 Juin 2010