« Biodiversité et Développement pour un avenir commun », tel a été le thème directeur de la conférence-débat qui s’est déroulée le vendredi 4 juin, à Moramanga, organisée à l’initiative de la Région Alaotra Mangoro, et à laquelle ont participé une cinquantaine de responsables issus des entités, organisations, communautés, et institutions concernées par le thème ; dont, entre autres, la Région Alaotra Mangoro, les districts de Moramanga et d’Anosibe An’ala, Conservation International (CI), Madagascar National Parks (MNP), Madagasikara Voakajy (MaVoa), Fanalamanga, COGESFOR, SNGF, ou encore le Projet Ambatovy, dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la Biodiversité (22 mai) et de la Journée mondiale de l’Environnement (5juin). La conférence s’est tenue sur le site minier d’Ambatovy. conférence-débat a été, à cet effet, précédée d’une visite guidée du site de la mine et illustrée par les explications afférentes à la gestion sur terrain de l’environnement et de la biodiversité par le Projet. Le représentant de Conservation International (CI) a rappelé que le corridor forestier Ankeniheny Zahamena, en cours d’être mis sous statut de nouvelle aire protégée, a une superficie de 425 000 ha. Il a également parlé des menaces auxquelles fait face la protection de la biodiversité et de l’environnement, à savoir la culture sur brûlis, la déforestation à grande échelle, la production de charbon, les activités minières non maîtrisées, la divagation de bétail, la collecte illégale d’animaux, ou encore la coupe de bois. Le taux moyen de déforestation à Madagascar qui est de 0,5% au niveau national est de 0,1% au niveau des aires protégées.

Madagascar National Parks (MNP) et Madagasikara Voakajy (MAVOA) ont parlé, quant à eux, de la préservation de la biodiversité dans leur domaine respectif et des apports de leurs activités sur le développement. MNP joue un triple rôle, à savoir économique, écologique et socio-culturel, et contribue au développement avec des programmes liés aux 74 microprojets qu’il gère. Face aux menaces contre l’environnement, MNP effectue, entre autres actions, des patrouilles et un suivi écologique en impliquant la population concernée. MAVOA, pour sa part, a la mission de promouvoir la conservation et la gestion durable des écosystèmes, notamment dans la Région Alaotra Mangoro pour laquelle ses objectifs vers la fin de cette année visent à réduire la perte de biodiversité, à l’échelle globale nationale et régionale, et a une contribution à la lutte contre la pauvreté.

Le Projet Ambatovy, étant l’un des plus grands intervenants dans la région d’Alaotra Mangoro, a expliqué les différents programmes prévus dans le cadre de la protection de la biodiversité et de l’environnement. Dans ce cadre, le représentant du Projet a révélé qu’Ambatovy restaure plus qu’il n’abîme car, effectivement, en plus de l’évitement des impacts inacceptables, de la réhabilitation progressive, et de la mise en œuvre de la hiérarchie des mitigations, le Projet gère 12 fois plus de surfaces conservées et protégées que la surface impactée directement par l’empreinte de la mine laquelle recouvre 1300 ha. Il a cité notamment la zone de conservation autour de l’empreinte de la mine qui est quatre (4) fois plus grande que celle-ci, et la zone d’Ankerana concernée par le programme de compensation hors site qui est huit (8) fois plus grande.

L’objectif de la conférence-débat a, d’ailleurs, été de comprendre l’évolution de l’environnement/biodiversité non seulement aux niveaux mondial et national, mais également au niveau de la Région Alaotra Mangoro.

Plus de synergie et de travail de concertation, discussions sur les interventions des communautés de base dans le cadre des transferts de gestion, poursuite de la sensibilisation et de l’éducation, plus de financement, et plus de pertinence dans les actions, telles sont, entre autres, les recommandations émises par les participants à la conférence-débat. Bon nombre parmi ces derniers se sont mis d’accord sur le fait que malgré les efforts entrepris, il y a toujours des impacts constatés, et qu’il faut poursuivre ces efforts, observer les gains apportés par les mesures prises et encourager les initiatives.

Les conclusions de la conférence-débat, tirées par le Directeur régional de l’Environnement et des Forêts de la région Alaotra-Mangoro étaient que Madagascar et la Région sont riches en biodiversité, mais que cette richesse mérite d’être mieux valorisée pour qu’elle ne reste pas uniquement une richesse potentielle mais effective pour les générations actuelles et futures, et que la biodiversité et le développement soient mises en compatibilité pour un avenir commun.

Extrait Tribune Madagascar – mardi 8 juin 2010