Le mois de juin est consacré par l’académie malgache, à la langue malgache. Diverses manifestations sont organisées autour de cet évènement. Le « Foibe momban’ny teny » de l’académie sis au Tahala Rarihasina est le premier à l’honorer sur la liste. Toute une activité se déroulera donc dans l’établissement jusqu’à la fin du mois.

Un mois de la langue malgache à Rarihasina

Chaque année, « Foibe momban’ny teny », dirigé par Juliette Ratsimandrava célèbre le mois de la langue malgache de manière éducative et ce, à travers une exposition, des conférences et des rencontres autour de la langue malgache. Cette année, l’évènement suit un thème bien précis « Tovozy ao an-doharano tsy ritra ny haren-tsaina malagasy ». Il s’agit ainsi de puiser les richesses culturelles dans une source inépuisable qui n’est autre que la langue malgache.

Les thèmes des activités citées ci-dessus sont alors multiples allant de la littérature à la culture. Les passionnés de ces domaines auront donc l’occasion de découvrir, l’importance du zébu dans la culture, le fameux « Fandroana », l’origine des Malgaches… Les intervenants sont parmi les gardiens de la culture et bien entendu, de la langue notamment, des illustres écrivains comme Henri Rahaingoson, Elie Rajaonarison, des chercheurs comme Lucien Randrianarivelo, Benoît Andrianasolo, Bako Rasoarifetra et même le plus connu des spécialistes de l’art divinatoire, Henri Randrianjatovo…

Dr Joseph Rakotonirainy

« Auparavant, la célébration de la langue a eu lieu tout les mois de janvier mais seulement en deux jours. Ces jours sont alors réservés pour promouvoir la langue mais aussi pour observer son état dans différents domaines notamment, les recherches, l’éducation, la culture et même sur les plans politiques, économique et social. Les académiciens se sont rendu compte que les deux jours ne sont pas suffisants pour étudier tout cela c’est pourquoi, ils ont décidé de la célébrer tout un mois car l’évènement est aussi pour eux une sensibilisation de tous les Malgaches. Et chaque année, « Foibe momban’ny teny » rend également hommage à un des plus grands gardiens de la langue malgache », explique Fanja Razafimamonjy, chercheur au sein de « Foibe moman’ny teny ». Cette année, l’hommage est dédié au docteur Joseph Rakotonirainy (1896-1991). Ce dernier était un membre très actif de l’académie malgache depuis 1964. Il a vivement participé à de nombreuses activités qui promeuvent la langue notamment dans l’élaboration du dictionnaire encyclopédique malgache paru en 1937. Les manifestations de Rarihasina lui sont donc dédiées. Une grande partie de l’exposition lui est réservée relatant ses activités ainsi que son parcours et sa vie. Ceci s’ajoute à une projection à son effigie.

La langue malgache face au monde moderne

Ces activités sont réalisées sous la direction de Juliette Ratsimandrava, la directrice de « Foibe momban’ny teny » depuis 2000. Présidente de la section « Art et lettres » de l’Académie malgache, elle est aussi une gardienne fervente de la langue et la culture malgache.

La langue malgache est reconnue être parmi les 12 langues les plus puissantes de toute l’Afrique lors de la grande réunion des académies africains en 2009. Pourtant, elle rencontre encore quelques difficultés « On fait toujours des remarques et des jugements sur son aspect dimensionnelle. Il est aussi vrai que, même si on reconnaît que l’utilisation de la langue malgache a connu une grande évolution ces derniers temps, grâce aux différentes techniques de communication, radio, télévisons, internet…, certains l’utilisent sans connaître le fond et le concept véhiculés par tel ou tel mot alors que ce sont les véritables éléments qui définissent le potentiel et la richesse de cette langue », lance Juliette Ratsimandrava.

Si la langue est effectivement la première référence culturelle qui identifie un pays, il est logique que ceux qui l’emploient connaissent le fond et le concept culturel qu’elle véhicule. Ainsi, malgré les grands efforts déjà fournis par l’Académie malgache dont la réalisation de plusieurs ouvrages comme le « Rakibolana Rakipahalalana » sorti en 2009…, d’autres projets devraient encore être dans son programme. Juliette Ratsimandrava a surtout parlé des activités à travers lesquelles les académiciens feront connaître au peuple l’histoire de la langue et la civilisation malgache mais aussi des recherches de nouveaux mots concernant différents secteurs et ce pour mieux s’adapter à la mondialisation.

Extrait Les Nouvelles du 04 juin 2010