Gérer les ordures peut améliorer le quotidien d’une famille, si surtout les infrastructures sont là pour faciliter la tâche.

Hier lors de son intervention à Ambatonakanga durant la rencontre avec les journalistes, initiée par le Cite, Patrick Rajaonary a soulevé les enjeux du recyclage des déchets, du papier pour son cas, sur fond de gestion des ordures. Pour résumer, le dirigeant a surtout mis en avant le retard du pays en matière de gestion de certaines ordures. Cependant, les avis divergent sur certains points.
« Les Malgaches ont déjà une certaine notion de triage des déchets. Les femmes qui sillonnent les quartiers et demandent dans chaque maison des bouteilles ou des journaux usagers, c’est déjà une forme de tri. Dans une famille, un déchet qui a plus de valeur que d’autres est souvent laissé de côté. Mais personne ne saura quoi en faire, alors on remet le déchet avec les autres », déclare d’emblée Rakotoarison Fara, gérante de Vohitra Environnement, une société spécialisée dans le recyclage des déchets ménagers.
Une déclaration qui s’éloignerait du cliché de ville malpropre de la capitale. Pour cette spécialiste de la gestion des déchets, « le problème se situe surtout au niveau des infrastructures. Qui se relie à un problème d’urbanisation. Par exemple, les constructions à Antananarivo deviennent de plus en plus serrées. Alors, où voulez vous qu’on mette des bacs à ordure à triage ? »
Selon des récentes études, Madagascar jette environs 900 000 tonnes d’ordures par an, et ce pour une population de 20 millions d’habitant. En comparaison, l’île Maurice, dont la population ne dépasse même pas le quart de la Grande île, laisse 400 000 tonnes de déchets.
Recyclage
Voyant ces chiffres, une analyste économique pense que faire un usage plus profitable de nos déchets est encore réalisable. « De grandes sociétés implantées à Madagascar utilisent déjà nos produits recyclés. Je ne citerai pas de nom, mais elles sont convaincues du rapport qualité/ prix que procurent nos papiers recyclés », relate Patrick Rajaonary, PDG de Papmad.
Et les prix allègent beaucoup les dépenses de ses clients. La société propose la rame de 500 feuilles A4 à 4 000 ariary contre environ 8 000 ariary pour les papiers importés. Mais avant que le phénomène ne soit acquis par les Malgaches, « un énorme travail de sensibilisation reste à faire », conclut Rakotoarison Fara.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4631 du 05-06-2010