Tous les matins, Nancy achète un paquet de biscuits pour son goûter de 10h. Depuis quelques mois, son budget, entre 100 Ar et 200 Ar selon la période, est suffisant pour s’en procurer. Biscuits en tout genre, dont les publicités sont largement diffusées à la télé, gaufrettes, bonbons, et même chocolats, Nancy peut tout avoir.

Les sociétés ont vite compris qu’avec le faible pouvoir d’achat de la population, il fallait réagir rapidement pour continuer à vendre les stocks. Difficile pour eux d’écouler les produits dans les grands emballages, les consommateurs se font rares. Et les épiceries ne peuvent de toute façon pas vendre les biscuits et les bonbons au détail, sans leurs sachets. C’est ainsi que tous les produits dans la grande distribution sont vendus en petit modèle. « Les sociétés font un design plus petit de leurs produits, et cela permet au Malgache moyen de continuer à consommer. Les enfants, eux, n’y voient que du feu. Et nous, on écoule plus facilement nos articles » affirme une épicière à Ampefiloha.

Les produits en vrac ont également le vent en poupe. Sur les étals des épiceries de quartier, tous les produits de première nécessité sont vendus en vrac, mais emballés. « Nous achetons du sucre en gony, puis nous ré-emballons tout dans des sachets de 100g, 250g, 500g et 1kg pour les vendre plus rapidement. Les clients se ruent sur les petites quantités. Il en est de même pour l’huile, mais aussi pour le beurre » explique une autre commerçante. Fini le temps où les emballages comptaient pour beaucoup dans la vente des produits. Aujourd’hui, personne ne tient compte de la marque, au profit de la quantité.

D’ailleurs, même dans les écoles, le paiement des écolages et des réinscriptions est échelonné. Certaines écoles font confiance aux parents d’élèves et ne somment plus ces derniers de payer la totalité de l’écolage mensuel du mois. Parfois, les parents paient ce qu’ils peuvent, et règlent le reste plus tard. La réinscription et l’inscription, généralement fermée dès le mois d’avril, sont toujours ouvertes.

Ces signes extérieurs de l’affaiblissement du pouvoir d’achat montrent la précarité de la vie des Malgaches moyens, victimes de la crise socio-politique qui sévit dans le pays depuis plus d’un an. Les Malgaches s’adaptent à cette nouvelle présentation, mais jusqu’à quand ?

Extrait Midi Madagasikara – Mercredi 02 Juin 2010