Il faudrait maintenant prendre en compte la gestion rationnelle des ressources en eau  pour éviter leur tarissement. D’autant plus que seuls 3% des ressources en eau dans le monde sont potables. C’est pourquoi l’Association des Populations des Montagnes du Monde (APMM) s’implique dans la mise en place du nouveau système de Paiement des Services Environnementaux (PSE) à Andapa et dans la région de Haute Matsiatra, et ce, en partenariat avec le WWF. Il s’agit d’une transaction volontaire entre les bénéficiaires dont ici la Jirama et au moins un fournisseur des services environnementaux comme les communautés riveraines des sources d’eau, a expliqué Norosoa Razafimamonjy, directeur de l’APMM. En fait, l’exploitation des sources d’eau par tout opérateur ne doit plus être gratuite, a-t-elle évoqué. L’objectif vise à assurer un développement durable via la gestion rationnelle des ressources naturelles dont l’eau en particulier.  

Un contrat bipartite à établir. Dans la ville d’Andapa, une association villageoise dite Mamirano située en amont des sources d’eau se met à protéger les bassins versants en luttant contre la déforestation et les cultures sur brûlis à Sahamazava afin d’éviter leur tarissement. En effet, la pression de l’eau devient faible et le débit diminue au niveau des branchements individuels et dans les bornes fontaines durant la saison sèche, témoigne Roseline, une mère de famille. Même la Jirama qui est le bénéficiaire des services environnementaux ne peut pas faire une extension de son réseau de distribution en eau alors que les besoins de la ville sont estimés à 2 500m3/jour pour 30 600 habitants. Les infrastructures réalisées en 1969 ont une capacité de production limitée à 1 000m3/jour prévue pour 2 000 habitants, a expliqué Rabe Ravelonarivo, le président de la Plate-forme regroupant toutes les parties prenantes dans le secteur eau. Une rencontre avec les directions générales de la Jirama et du ministère de l’Eau a déjà eu lieu  pour établir un contrat bipartite sur la  gestion durable de ces sources d’eau. En fait, la Jirama en exploite gratuitement en tant que source d’eau gravitaire et elle doit payer car l’eau n’est plus gratuite selon le Code de l’Eau, a-t-il soutenu.

Modèle applicable à tout exploitant. Elle doit, entre autres, compenser les communautés riveraines des sources de Sahamazava car celles-ci ne sont plus autorisées à pratiquer des cultures de contre-saison y compris le « Tavy ». C’est d’ailleurs l’objet du contrat que la plate-forme lui a proposé avec un budget prévu de 209 millions d’Ariary pour 5 ans. Pour commencer, la Jirama s’est déjà engagée à fournir 94 bornes-fontaines à la Commune Urbaine d’Andapa qui est également fournisseur des services environnementaux, étant donné que Sahamazava s’y trouve, à part l’appui au reboisement des bassins versants. Des techniciens de cette société effectueront aussi le 2 juin prochain une descente à Andapa pour une étude de faisabilité sur l’extension de son réseau de distribution en eau, a-t-on appris lors d’un atelier visant l’instauration de la plate-forme sur l’eau à Andapa. Bref, ce nouveau système de PSE servira de modèle applicable à tout exploitant de sources d’eau dans d’autres sites après la réussite de cette phase pilote à Andapa et en Haute Matsiatra, a conclu Norosoa Razafimamonjy.

Extrait Midi Madagascar – Lundi 31 Mai 2010