Le cyclone Joël se développe dans le canal de Mozambique. Situé à 75 km du district d’Ampanihy hier à midi, il a une dimension plutôt modeste mais entraîne dans son sillage des pluies et des vents à 80 km/h sur la partie sud du pays. Se déplaçant à une vitesse de 13 km/h, ce cyclone est l’un des indicateurs du changement climatique. D’après les explications des services de la météo, la température élevée de la mer en cette période est à la source de la formation de ce cyclone. Or, le pays devrait, en principe, entrer dans l’hiver et enregistrer ainsi des températures modérées. De plus, la saison cyclonique est censée se terminer à la fin du mois d’avril. En fait, le pays doit faire face à plusieurs enjeux socioéconomiques provoqués par le changement climatique. Des experts estiment toutefois qu’il ne dispose pas de tous les moyens pour le faire. Du côté des paysans, nombreux sont ceux qui commencent à être désemparés par rapport au calendrier cultural. Et au moment de la récolte, les grêles sont souvent de la partie, sans parler de l’insuffisance de la pluviométrie auparavant. Pour les deux campagnes agricoles précédentes, la production était plutôt bonne malgré tout et malgré la crise. La preuve en est qu’en 2009, l’agriculture était le seul secteur à avoir enregistré une croissance positive de +3,5% contre – 0,2% pour l’industrie et –1,3% pour le secteur des services. 

Seulement, les risques du changement climatique sont toujours là et concernent des secteurs très variés comme la santé publique et l’élevage. Ce cyclone en plein mois de mai l’atteste. Certes, il apporte de la pluie et donc un nouveau souffle pour les activités agricoles dans la partie sud du pays, mais si le cyclone en question s’est formé dans l’océan Indien, il aurait pu prendre plus de la force et causer des dégâts importants. En ce qui concerne la gestion des cataclysmes naturels, le pays va se doter d’une structure nationale de coordination de l’évaluation et de l’analyse des risques. Cette initiative est toute récente et ne devrait avoir des ramifications dans les 22 régions qu’à terme. Il faut toutefois rappeler que Madagascar est le premier pays africain le plus exposé aux cyclones et le 13ème au niveau mondial selon les données du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Le pays devrait profiter du financement global de 3,5 milliards de dollars affecté par les pays riches au changement climatique lors de la conférence de Copenhague en décembre 2009. Mais Madagascar n’y était pas. Pour les organisations pour la conservation de l’environnement, le pays devrait toutefois saisir cette opportunité à travers le projet onusien REDD. C’est un programme pour réduire les émissions de gaz à effet de serre émanant de la déforestation et de la dégradation des forêts dans les pays en développement.
Extrait La Gazette de la Grande Île – Jeudi 27 Mai 2010