Le passage de Harlan Hale, Foreign Disaster Assistant auprès de l’Usaid (région Océan Indien), a permis de dresser un bref bilan des aides menées par les organismes partenaires de l’Usaid quant au désastre entraîné par le passage de la forte tempête tropicale Hubert, dans le Sud-Est de l’île. Ce fut également une occasion d’entreprendre un suivi sur le nouveau programme visant à aider les populations du Grand Sud à subvenir à leurs propres besoins alimentaires.

Récolte en contre-saison. « Madagascar est un pays à risques, et je passe 2 à 3 fois en moyenne dans la Grande Île pour constater les dégâts entraînés par les catastrophes naturelles, telles que les inondations, la sécheresse, la famine et autres », avance Harlan Hale, très concerné par le cas Madagascar. Avec le passage de Hubert, les rizières ont été inondées, laissant les populations locales dans un réel besoin alimentaire. « En fait, en descendant dans ces localités, les villageois ont expliqué qu’ils avaient assez de stock de nourritures pour 3 mois, si normalement, cela devait leur suffire pour 6 mois. Ce que nous faisons, c’est leur distribuer des semences améliorées afin qu’ils puissent les planter et faire une récolte de contre-saison. Jusqu’ici, 25 tonnes de semences améliorées ont été distribuées, grâce à nos partenaires, FAO, CARE, CRS, Adra, Land O Lakes. Mais en fonction des besoins, nous avons déjà prévu 160 tonnes de semences améliorées pour ces régions touchées par le cyclone ». Ces semences améliorées permettent un cycle court de 3 mois qui permettra aux populations de pouvoir récolter le riz dans les plus brefs délais. « Ces semences améliorées ont déjà fait leurs preuves dans le passé, lors du passage des anciens cyclones dans la partie Est, notamment à Fénérive-Est », continue-t-il. Si les conditions sont bonnes, les organismes partenaires travailleront avec les populations locales pour une production régulière d’une durée de 6 mois. « L’objectif étant d’éviter la malnutrition », ajoute Harlan Hale.

Sécurité alimentaire. Profitant de son passage à Madagascar, Harlan Hale a mis un point sur la nécessité du nouveau programme récemment lancé qui concerne la plantation de sorgho, afin de prévenir la famine dans le Grand Sud. Ce programme indéfini dans le temps, mais évoluant selon les besoins de la population, coûte tout de même la bagatelle de 1,5 million $, dont 80% du budget sont alloués à l’accès à l’eau potable. « Dans la région Androy, le principal problème, c’est l’eau. Voilà pourquoi les villageois ne peuvent pas cultiver leur jardin, encore moins s’adonner à des activités agricoles. Une variété de semences de sorgho a été introduite il y a quelques années pour répondre à ces problèmes liés au manque de nourriture, mais toutes les récoltes sont mortes en 1991 – 1992. Puis, on a commencé à introduire la plantation de maïs, ce qui n’a pas fait long feu car le maïs a besoin de beaucoup d’eau pour s’épanouir. Récemment, quelques scientifiques ont introduit une variété spéciale de sorgho, mais il faudra encore quelques années pour en tirer des conclusions. Pour l’heure, on incite les villageois à faire de la culture contemplative afin qu’ils fassent pousser des légumes et des arbres fruitiers dans leur jardin. Cela leur évitera de payer pour manger », raconte Harlan Hale. Mais rien n’est encore gagné, et les problèmes d’insuffisance alimentaire continuent d’handicaper la région Androy. D’ailleurs, actuellement, 65 communes sont menacées d’insécurité alimentaire, contre 49 communes l’année dernière dans la même période. Une préoccupation nationale qui alerte les organismes établis dans le pays, loin des duels politiques qui animent la capitale.

Extrait Midi Madagasikara – Samedi 22 Mai 2010