L’environnement est le seul secteur bénéficiant du financement de la Banque mondiale depuis le début de la crise.

Le secteur Environnement est le seul à bénéficier de financement depuis le début de la crise socio-politique à Madagascar. Les bailleurs de fonds se sont empêchés de fermer le robinet pour la préservation de la biodiversité. Cependant, cette aide n’a en aucun cas épargné le secteur, en proie aux pillages. Une séance d’échanges à laquelle ont été invités les acteurs directs et indirects de l’environnement a été organisée au siège de la Banque mondiale à Anosy, hier. Seuls les représentants de l’État n’ont pas été invités au débat.
Mauvaise gestion
« Le secteur environnement fait exception pour le financement pendant la crise. La Banque mondiale maintient son aide aux 28 parcs nationaux et les communautés environnantes », déclare Jean Christophe Carret, économiste de l’environnement à la Banque mondiale pour l’Afrique australe. « Les communautés ne doivent pas être sacrifiées car elles ne sont pour rien dans cette crise », poursuit-il.
Ce fonctionnaire de la Banque mondiale confirme la rupture avec le gouvernement de la transition, du moins en matière de financement. « Pour le moment, la coopération avec l’administration est suspendue. Par contre, nous nous efforçons de protéger les ressources contre les pillages », précise Jean Christophe Carret. Il émet ses inquiétudes sur les effets de l’implantation des grandes sociétés d’exploitation minière. Selon lui, elles pourraient porter atteinte aux ressources naturelles marines et terrestre, principal pilier du développement du pays.
L’économiste de l’environnement affirme qu’avant la crise, la Banque mondiale verse annuellement une somme de 10 millions de dollars pour la préservation de la biodiversité. Ce financement a sensiblement diminué en cette période de crise. « Nous avons accordé une enveloppe de 12 millions de dollars pour une période de 18 mois », s’excuse-t-il.
En dépit de la mauvaise gestion des ressources naturelles, laquelle est sévèrement critiquée, certains acteurs tentent de positiver. « La crise politique que connaît le pays peut être un élan pour relancer tous les secteurs embrassant le domaine de l’environnement », annonce Bienvenu Rajaonson, spécialiste en environnement. « On cherchera tous les moyens pour avancer et être prêts avant l’avènement de la quatrième République », ajoute-t-il.
Bienvenu Rajaonson soutient qu’outre les séances d’échanges organisées dans la capitale, des descentes dans les régions sont prévues afin de collecter les doléances et connaître les atouts du secteur. Un dossier concernant les réalités de l’environnement à Madagascar sera confectionné.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4620 du 22-05-2010