Patrimoine touristique faisant la renommée de la Région Boeny, ainsi que de la destination Madagascar, le Cirque Rouge est aujourd’hui plus qu’en danger.

Le cirque rouge est un ensemble montagneux d’une forme arrondie qui offre une vue imprenable sur la mer. Le mot « cirque » tient son nom du fait que l’on semble être en présence d’un ancien théâtre. Un théâtre qui montre une sorte de grande estrade semi arrondie, qui est la terre ; où se superposent à la fois un ciel et une mer presque d’une même couleur, parsemée par la couleur verte des arbres et plantes. Puisque l’on est devant la plage, le cirque n’est pas un cirque sans la présence des nageurs au fond qui deviennent tout petits vus de loin.

Le deuxième mot « rouge » n’est plus à expliquer car la couleur de l’estrade, c’est à dire la terre, est rouge.

Rivo Nomenjanahary, étudiant en science de la terre et en même temps guide touristique, précise que le cirque rouge est un ensemble montagneux plus ou moins arrondi déposé au milieu des plaines. « Les caractéristiques géologiques sont notamment composées d’un bassin sédimentaire », explique-t-il. « La formation géologique est issue de débris et de dépôts de roches et d’argile. Ce sont des couches entreposées depuis près de 1, 8 Millions d’années », révèle le guide touristique. Il précise toujours que l’eau et le vent demeurent les principaux acteurs de la raison d’être de cet ensemble montagneux. L’existence d’une crête marque l’autre caractéristique du cirque rouge. C’est un pic qui, depuis des années, a été soigneusement soufflé par le vent de manière à avoir la forme d’un béret militaire.

En bref, c’est un milieu naturel paradisiaque situé au large des côtes de Mahajanga, à environ 17 km de la ville de Mahajanga.

Seulement, des constructions en dur s’agglutinent dans et autour du cirque rouge. On y voit des maisons titrées et bornées. Une autre, qui appartient à un ancien maire de la Région Analamanga, par exemple, a reçu un permis de construire datant du 27 Avril dernier. La maison est presque bâtie.

Ce site touristique devient la terre de prédilection des spéculateurs immobiliers et des constructions illicites et même sauvages. On y voit des terrains clôturés avec des pare-feux, on y voit même un terrain de basket, un hangar en cours de construction, des pistes aménagées.

Patrimoine Régional

Les autorités de la Région Boeny, des chefs de districts, maires et chefs de service concernés ont effectué une descente la semaine dernière afin de procéder à la délimitation du site touristique. C’est la première fois depuis l’existence de ce site touristique que les autorités décident de le protéger.

« La Région Boeny décrètera bientôt ce site en patrimoine régional, et par extension en patrimoine national », déclare le chef de Région Boeny, Rasoloniaina Jean Christophe Noël. « Toutes les constructions sont suspendues jusqu’à nouvel ordre », ajoute-t-il.

En effet, les constructions ne tiennent pas compte de la loi sur la RFT ou Réserve foncière touristique sortie en 2003 qui stipule que toute construction doit se faire au moins à 500 m de la plage. Le directeur régional du Tourisme, Manombomila, précise par ailleurs que les occupants, après avoir obtenu une autorisation en bonne et due forme, doivent exercer des activités touristiques qui respectent l’environnement.

« Après constat du risque énorme d’érosion, la délimitation du Cirque Rouge ne se basera plus sur les 500 m, » dit le Chef de Région, « c’est tout le plateau qui doit être protégé. On y trouve, en outre, d’innombrables variétés de plantes, lesquelles ne doivent pas subir de surexploitation », insiste-t-il. Aussi, tous les occupants doivent-ils présenter tous les papiers légaux qu’ils ont en leur possession au bureau de la Région Boeny ce vendredi 21 Mai 2010 pour une vérification. Une réunion sera également organisée afin d’expliquer la gravité de la squaterrisation, et afin d’éclaircir le décret 2010-234 modifiant et complétant certaines dispositions du décret n° 63-192 du 27 Mars 1963 fixant le code de l’urbanisme et de l’habitat.

Le Procureur de Mahajanga, Mr ANTOINE, parmi ceux qui sont descendus sur terrain, a suggéré la prise de décision au cas par cas comme la mise en place d’un cahier de charges pour les exploitants qui y ont des terrains titrés et bornés, la démolition ou l’expropriation.

Extrait Madagascar Tribune – vendredi 21 mai 2010