D’après le dernier indice des prix à la consommation (voir article par ailleurs), les PPN ont accusé une baisse des prix de 0,6%.

Une tendance à la baisse qui se confirme d’ailleurs dans les marchés de quartier où le riz, le sucre, la farine, l’huile alimentaire et autres denrées de première nécessité sont vendus à des prix plus bas que d’habitude. En fait, cette baisse des prix s’explique avant tout par la diminution de la consommation des PPN. Non seulement, le nombre des clients des épiceries de quartier diminue, mais ceux qui sont encore là tendent également à réviser à la baisse la quantité de marchandises achetées. Et pour cause, depuis le début de la crise en 2009, le pouvoir d’achat des consommateurs n’a jamais cessé de s’effriter. Les pertes d’emploi, dues à la fermeture d’entreprises franches pour cause de suspension de l’AGOA, les difficultés rencontrées par les entreprises privées constituent autant de facteurs qui ont entraîné cette situation de baisse de la consommation des PPN.

Grossistes

Une baisse qui se fait par ailleurs ressentir au niveau des grossistes. En effet, d’après un membre du Conseil des Grossistes Professionnels de Madagascar (CGPM), leurs chiffres d’affaires ont connu, ces derniers temps, une baisse d’au moins 40%. Les commandes des détaillants ne suivent plus le même rythme que celui de 2008, avant la crise. Et compte tenu des problèmes qu’ils rencontrent, ces détaillants souhaitent même bénéficier du système d’achat à crédit auprès des grossistes. Mais ces derniers se montrent réticents puisque, eux-mêmes, ils éprouvent beaucoup de difficultés pour rembourser leurs fournisseurs.

Cercle vicieux

A propos de fournisseurs justement, ce sont les importateurs qui font actuellement la loi. « Actuellement 70% des produits de première nécessité que nous vendons, proviennent des importations », explique un grossiste qui constate ainsi que l’industrie locale connaît, elle aussi, énormément de difficultés. Et quand l’industrie locale, pourvoyeur d’emplois, est en panne, cela implique évidemment la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs qui viennent pour la plupart des entreprises industrielles locales. D’où ce cercle vicieux qui se manifeste par la difficulté des entreprises – baisse du pouvoir d’achat – baisse de la consommation; et dans lequel le pays n’est pas encore prêt de sortir. A moins qu’il y ait évidemment une sortie de crise rapide.

Extrait Midi Madagasikara – Mardi 18 Mai 2010