En cette période d’incertitude totale sur l’avenir de Madagascar et en particulier de ses relations avec les partenaires techniques et financiers traditionnels, beaucoup d’acteurs de la vie économique et sociale sont impatients de connaître les positions et décisions de Bruxelles, de Washington et des institutions de Bretton Woods. Après les résolutions du Parlement européen et la déclaration de la France, la décision de la Commission européenne sur la continuation de ses programmes à Madagascar est fort attendue. Dans un communiqué en date du samedi 15 mai dernier, la Banque Mondiale a d’ores et déjà annoncé le maintien de son programme à caractère humanitaire de manière exceptionnelle. La mesure d’exception s’explique par la nécessité de préserver les acquis humains et physiques de certains de ses projets.

Washington indique que le programme de la Banque mondiale à Madagascar continue à être guidé par la politique opérationnelle OP 7.30 – relations avec les gouvernements de facto -, conçue pour des situations de changements de gouvernement non constitutionnels. Autrement dit, la Banque mondiale considère toujours et en dépit des dernières décisions prises par le gouvernement de fait, que rien n’a changé et les autorités continuent d’être tenues à l’écart.

Depuis le 17 mars 2009, la Banque mondiale a autorisé exceptionnellement dans le courant de l’année 2009 la reprise de décaissements pour des composantes de projets ayant des implications directes sur le bien-être des populations, mais aussi pour éviter des risques relatifs à la conformité avec les politiques sociales et environnementales. Ces exceptions concernent cinq (5) projets – la nutrition, le VIH/SIDA, la sécurité alimentaire (à travers le FID), la protection de l’environnement et les pôles intégrés de croissance -, et représentent un montant total de 52 millions de dollars américains.

En plus, les projets dont leurs comptes locaux à Madagascar (appelés « Comptes Spéciaux ») avaient été alimentés avant le 17 mars 2009, ont continué à débourser à partir de ces comptes pour la poursuite des activités des projets. En 2009, les déboursements à partir des Comptes Spéciaux et sous le régime des cinq (5) exceptions ont atteint environ 50 millions de dollars. Les fonds disponibles au sein des Comptes Spéciaux sont à présent prRappelons que le portefeuille de la Banque mondiale à Madagascar est constitué de 16 projets représentant un engagement d’environ 1 milliard de dollars, dont environ 330 millions restent à décaisser.atiquement épuisés.

Dans le secteur de l’éducation, la Banque mondiale a pu obtenir le transfert de 15 millions de dollars à l’UNICEF dans le cadre des 85 millions autorisés pour Madagascar par le Fonds catalytique du programme de l’Éducation pour tous, ce qui permet à ce programme de continuer sans interruption jusqu’aux environs du mois de juin 2010. Cependant, à la suite de la situation actuelle à Madagascar et les délais qui en ont résulté, 21 millions de dollars ont été réattribués par le Conseil d’administration du Fonds catalytique à d’autres pays. En juillet 2010, le Fonds catalytique réexaminera la situation de Madagascar pour décider d’une éventuelle continuation du programme et de l’utilisation des 49 millions restants.

Une démarche pour sauvegarder les acquis…

La prolongation de la crise politique en ce mois de mai 2010, affecte non seulement la population Malgache et surtout les plus pauvres, mais aussi la viabilité des projets du portefeuille de la Banque mondiale qui ont dû arrêter les opérations, les paiements aux fournisseurs de services, et dans certains cas ont été obligés de mettre le personnel en chômage technique. Cette situation met à risque des années de construction de capacité humaine et phyFace à cette situation, la Banque mondiale a initié une démarche visant à sauvegarder les acquis humains et physiques des différentes unités de gestion des projets (PIU) et de régler un certain nombre de problèmes fiduciaires et administratifs, tels que l’extension des dates de clôture des projets qui ont clôturé dans le courant de l’année 2009, ou encore le paiement des arriérés envers les entreprises ayant déjà livré les biens et les services sur des contrats signés avant la mise en vigueur de l’OP 7.30.sique, ainsi que l’intégrité du portefeuille.

En accord avec la position de la plupart des autres partenaires techniques et financiers, la Banque mondiale a repris à titre d’exception un nombre limité de projets en raison de leur caractère humanitaire, de lutte contre la pauvreté, et appuyant directement les populations les plus défavorisées. Ces mesures avait été initiées depuis un certain temps et ne sont pas liées aux derniers développements politiques.

La Banque mondiale lit-on dans le communiqué du 15 mai 2010, reste alignée avec la position du reste de la communauté internationale. La Banque mondiale continue à suivre la situation de près, y compris les développements dans le domaine politique, et réévaluera périodiquement les conditions sous lesquelles un engagement ultérieur serait possible.

Extrait Madagascar Tribune – mardi 18 mai 2010