Cette année a été proclamée par les Nations Unies comme étant l’année internationale pour la biodiversité. Consciente de l’amplitude des conséquences du changement climatique sur la planète, les Nations Unies en ont fait une question prioritaire.

Tripping Point. Un grand événement dédié aux grandes questions sur le changement climatique se tiendra au Spier Estate, Stellenbosch, Cape Town du 24 au 26 mai prochain. Ce grand rendez-vous en l’honneur de la biodiversité se démarque de par son approche, car il s’agit d’exploiter la puissance de l’imagination des artistes au profit des actions menées pour lutter contre le changement climatique. Une palette d’activités centrées sur une grande exposition des artistes invités sera mise en place face au défi du changement climatique. Mais le programme sera fourni et prévoit des réunions, des ateliers et des dialogues entre les artistes et les scientifiques qui y seront présents. Ces rencontres permettront d’offrir la possibilité d’explorer de nouveaux défis culturels et artistiques provoqués par le changement climatique.

Médiateurs. Les artistes ont effectivement un rôle à jouer dans cette lutte de longue haleine contre le changement climatique. En tant qu’ambassadeurs du peuple, ils peuvent facilement et plus efficacement véhiculer et transmettre les messages. Mais en plus, leurs imaginations permettent d’explorer de nouvelles dimensions de l’art à travers l’utilisation des matières naturelles ou la récupération pour en faire des outils utilitaires du quotidien. De plus, les discours artistiques sont plus facilement écoutés par toutes les catégories de personnes, que ce soit par la musique, la danse, la littérature ou encore les dessins. Tripping Point se veut être ce catalyseur pour faciliter le débat entre, d’une part, les artistes, d’autre part, les scientifiques, mais aussi les gouvernants et les citoyens. Les artistes ont une contribution significative à apporter dans l’évolution de la société par la pensée et le comportement qui sont essentiels pour combattre les effets du changement climatique.

Culture malgache. Un artiste malgache a été invité à participer à cette conférence internationale qui verra la participation de centaines d’artistes de tous les horizons. Il s’agit de Pov, dessinateur de presse et bédéiste qui a longuement mis sa carrière au service des lecteurs des journaux dans lesquels il dessine. Pov représentera les couleurs malgaches lors de cette conférence où il mettra en exergue le poids de la culture malgache pour exister en parfaite harmonie avec la terre et les éléments, dans ce millénaire où le développement signifie pouvoir d’achat. « Selon moi, les Malgaches ont déjà atteint leur propre niveau de développement, et ce, depuis longtemps. La sagesse de nos ancêtres nous a appris à cultiver notre jardin, et à manger les fruits de saison. Nous n’avons pas eu besoin de décomposer et recomposer les molécules pour bien vivre. Aujourd’hui, les scientifiques retournent vers les valeurs de la nature en préconisant le bio », explique-t-il. « De même, on se presse à aller vers les cultures industrielles. Toute l’île Maurice cultive de la canne à sucre. Et lorsque les cours du sucre baissent, ou si jamais une bactérie attaque les plantations, c’est toute la population qui se trouve en difficulté. Chez nous à Madagascar, les Malgaches se contentent de ce qu’ils cultivent. Le reste, c’est un lot de « capitalisation » qui impose ses règles ». Pov n’est pas extrémiste pour autant. Ouvert d’esprit et prêt aux échanges et au dialogue, il est heureux de pouvoir partager les valeurs de la culture malgache à travers son art et son talent.

Extrait Midi Madagasikara – Lundi 17 Mai 2010