La région Alaotra Mangoro connaît les effets de la déforestation. 1% des forêts existantes est décimé par le fléau tous les ans.

La région Alaotra-Mangoro est exposée à un énorme danger, face à la forte pression exercée sur sa couverture forestière. Près de 1% de forêts disparaît annuellement dans la circonscription. C’est l’une des raisons d’être de l’atelier de deux jours organisé par l’Office national pour l’environnement (ONE), axé principalement sur la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation (REDD), la semaine dernière.
« Le tavy ou la culture sur brûlis constitue la principale cause de la destruction de la forêt dans l’Alaotra », annonce Jean Roger Rakotoarijaona, directeur des informations environnementales au sein de l’ONE. « La dégradation est encore à un niveau plus ou moins acceptable. Les exploitants illicites ne s’attaquent qu’au bois précieux », précise-t-il.
Selon Jean Roger Rakotoarijaona, l’élaboration d’une feuille de route à soumettre lors de la rencontre internationale en 2013 figure parmi les objectifs de l’atelier. Sept régions, dont Alaotra Mangoro, Amoron’i Mania, Analanjirofo, Atsimo Atsinanana, Sava, Menabe et Boeny sont censées s’exprimer pendant cette phase de préparation. « Le choix de ces régions est dû à leur écosystème, à l’existence de projets de démonstration et, surtout, à l’ampleur de la déforestation qui y existe », dit-il.
Effets néfastes
Depuis quelques années, les habitants de l’Alaotra, notamment les agriculteurs, subissent les effets néfastes liés directement à la déforestation. Beaucoup de problèmes tels que la maîtrise de l’eau et l’ensablement ne font qu’aggraver la situation. La surface cultivable et, par conséquent, la quantité de la production rizicole ne cesse de se détériorer.
« Auparavant, les habitants de ma circonscription disposaient d’une surface de 3 000 hectares et produisaient plus de 10 000 tonnes de riz, par an », se plaint Jean de Dieu Ratsimalovy, maire de la commune rurale d’Antsangasanga dans le district d’Ambatondrazaka. « Nous n’avons plus que 1 464 hectares de rizières et ne produisons que 6 000 tonnes de cette céréale. Le pire, c’est qu’on n’est plus en mesure de pratiquer la culture de contre-saison, en raison de l’inondation des rizières due à la rupture d’une digue après le passage du cyclone Hubert, en mars », se désole-t-il.
Outre les premiers travaux d’urgence, dont la qualité laisse à désirer, les habitants de la commune d’Antsangasanga attendent une réfection plus poussée de la digue, notamment, l’extension de la digue sur une dimension de 12 mètres de large contre 9 mètres, actuellement, et de creuser de 2 mètres le lit de la rivière Ilakana.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4615 du 17-05-2010