En complément de l’éducation donnée à la maison et à l’école, celle que les enfants acquièrent dans le mouvement scout est un réel plus pour le développement de leur personnalité.

Les dimanches soir sont sacrés pour Michaëlla, neuf ans. Hebdomadairement, elle a rendez-vous avec ses amies, les petites ailes de la paroisse de son quartier. Et il n’est pas question de rater ce moment de retrouvailles et de jeu.
« Elle accepte de manquer l’école du dimanche, ou même le culte, parce que nous assistons par exemple à une fête de famille. Mais elle refuse absolument d’être absente aux rendez-vous des scouts », raconte Nalijah, la mère de la fillette.
Cela fait trois ans que Michaëlla a intégré le mouvement scout de la paroisse de son quartier. « Je m’y suis fait plusieurs amies, j’ai appris plein de chansons, nous jouons à beaucoup de jeux, mais j’ai surtout appris à faire des choses que je n’ai pas su faire avant », confie-t-elle. Comme allumer le feu de foyer, chose qu’elle n’a jamais eu à faire chez elle.
« La vie chez les scouts apprend l’enfant à se débrouiller, et à trouver des solutions pratiques aux problèmes qu’il rencontre au quotidien », explique Roméo Andriamihaja, guide scout, Soimanga Mitozo de son nom de totem.
Totémisation
Lui, en tout cas, a dit avoir beaucoup appris des années qu’il a passées en tant que louveteau puis éclaireur. « Je suis devenu moins peureux et plus audacieux, parce que j’ai eu à affronter plusieurs défis pour passer d’une étape à l’autre », témoigne-t-il.
Selon les sites spécialisés, le scoutisme vise, avant tout, à développer la personnalité des enfants en en développant leur esprit de communauté, leur habileté manuelle et leurs aptitudes physiques, « tout cela dans un esprit chrétien », ajoute Roméo Andriamihaja.
« L’éducation scoute s’occupe de l’esprit, du corps et de l’âme. Elle prépare l’enfant à sa vie d’adulte et de citoyen de la Nation », poursuit-il.
Mais si Michaëlla aime tellement passer du temps avec ses amies « petites ailes », c’est grâce aux jeux qu’elles partagent hebdomadairement.
L’éducation scoute, surtout celle qui s’adresse aux enfants, repose surtout sur le jeu et la vie en plein air. Comme l’a dit le créateur du mouvement Robert Baden Powell, « le jeu est le premier grand éducateur ».
Un camp est également prévu à chaque période de grandes vacances, et Michaëlla se fait une joie d’y participer. Sa mère Nalijah confie à chaque fois avoir un petit pincement au cœur à l’idée de laisser sa petite fille « livrée à elle-même ».
Le rite de passage est surtout l’un des aspects du scoutisme qui fait peur à la jeune mère de 36 ans.
« J’ai entendu des tas de choses qui sont imposés aux enfants quand ils participent aux camps », appréhende-t-elle.
Mais Soimanga Mitozo se veut rassurant. « Les épreuves que l’on fait passer aux scouts, notamment durant la totémisation, peuvent paraître assez rudes, mais tout est fait pour assurer la sécurité des enfants », explique-t-il.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4588 du 14-04-2010