Les riziculteurs se demandent en ce moment si cela vaut encore le coup de continuer à cultiver la terre ou plus précisément à produire du riz. Même dans les zones qualifiées de greniers à riz du pays, les agriculteurs se plaignent de la chute des prix aux producteurs. L’on apprend en effet, d’un riziculteur de la région de l’Alaotra que les revenus des producteurs chutent de manière substantielle    alors que le prix du riz sur les marchés ne cesse d’augmenter.

Selon certains riziculteurs, il n’y a pas d’explication bien précise de cette chute des prix aux producteurs. Cependant, l’on tient d’autres sources au sein même de la filière que ce sont les intermédiaires qui font tout pour faire chuter les prix. Dans la région de l’Alaotra par exemple, un producteur indique que depuis la fermeture de l’usine de Tiko dans cette partie de Madagascar, les collecteurs sont revenus en force et imposent leur prix, pour ne pas dire leur loi. Certains vont même jusqu’à dire que certains collecteurs spéculent sur le prix de cette denrée et, pour maximiser leur profit, proposent des prix très bas aux producteurs. Ces derniers, n’ayant pas le choix en ces temps de crise, ne peuvent qu’accepter. Faut-il noter que dans les zones rurales, les ventes de produits de la terre constituent les principales sources de revenu.

Superprofits

Mais ce qui est injuste dans le fonctionnement de cette filière, est que les producteurs, ceux qui se trouvent en amont de la chaîne, ceux qui assurent les plus difficiles des tâches, sont ceux qui gagnent le moins. L’on déplore du côté des agriculteurs qu’ils peinent à couvrir leurs coûts alors que certains intervenants de la filière amassent des superprofits. Le pire est que ces derniers ont augmenté en nombre durant ces deux dernières campagnes. 

Face à cette situation très décourageante, les producteurs tirent la sonnette d’alarme et en appellent à une prise de responsabilité de la part des autorités concernées. La situation de crise est très favorable à tout acte de spéculation et ceci est valable pour toutes les filières de production. Mais pour ce qui concerne particulièrement la filière riz, les premiers concernés, qui, faut-il encore le rappeler sont à bout de forces, n’attendent qu’une chose, que les opérateurs opportunistes cessent de s’enrichir sur le dos des agriculteurs.

Extrait Midi Madagasikara – Mardi 13 Avril 2010