Si la bataille de la malnutrition est loin d’être gagnée dans la région d’Amoron’i Mania. Voilà qu’un autre indice de pauvreté s’instaure. Celui de 75% des ménages qui n’ont pas la possibilité d’acheter du bois de chauffe pour faire la cuisine.

Dans un document publié par l’Office National sur l’Environnement, l’on peut lire pour la région d’Amoron’i Mania que 95% des ménages utilisent le bois de chauffe comme source d’énergie. Ce document de se jeter dans la précision en mentionnant que seulement  10% de ces ménages ont la possibilité d’acheter du bois. Les 75% vont les remasser dans les forêts. C’est dire que 75% des ménages n’ont pratiquement pas toujours de l’argent pour acheter du bois. Une situation qui se présente surtout dans les campagnes. D’où cet état de pauvreté de la population que l’on évoque rarement.

Manques à gagner. 75% des ménages vont ramasser du bois dans les forêts. Des corvées pénibles normalement confiées aux femmes et aux jeunes filles des villages. Dans le sens que ces personnes doivent parcourir des kilomètres et passer plus d’une demi-journée. Il en résulte donc que ces villages, chaque jour, enregistrent d’énormes manques à gagner dans les activités de production que les hommes ne peuvent à eux seuls assurer convenablement. Ces hommes éprouvent dans certains cas le besoin d’être secondés. Une situation qui, dans le contexte physique actuel, risque de s’aggraver avec ces déforestations. Puisque ces femmes doivent s’absenter plus longtemps et ramasser du bois plus loin. Nécessitant de ce fait, plus de temps de mobilisation. Une situation qui n’est pas pour favoriser l’harmonie dans les ménages. Pour ne citer que l’exemple de ces femmes qui sont abandonnées par leurs maris, notamment dans la partie Est de la région où le nombre ne cesse d’être inquiétant, nous indique un responsable d’une ONG. Ces hommes désabusés de vivre dans la pauvreté, décident d’abandonner leurs villages pour aller chercher du travail ailleurs. Pour ne plus y revenir après avoir trouvé mieux.

Santé. Des effets néfastes sont également ressentis dans le domaine de la santé de la population à cause de cette situation. Dans le sens qu’il est très difficile de trouver du bois et de les ramasser. Il est donc impératif de restreindre la consommation de ces bois, uniquement pour les cuissons. Pour constater que dans la majorité des cas de ménages, l’on ne procède qu’à deux séances de cuisson, pour les repas du midi et du soir très tardif. Ces bois servent aussi à éclairer la pièce. Des pratiques qui ne permettent pas toujours de garantir les normes d’hygiène d’une bonne cuisson des aliments. D’où la recommandation de ne pas trop se laisser tenter d’acheter des aliments cuits dans les campagnes. Aux risques d’avoir des problèmes diarrhétiques aux conséquences souvent fatales puiqu’ils sont les principales causes de mortalité dans la région.

Extrait Midi Madagasikara (Enquête réalisée par Chan-Mouie Jean Anastase) – Samedi 10 Avril 2010