Alors que le Système de riziculture intensif (SRI) a été découvert à Madagascar par le Père Henri de Laulanié de l’association Tefy saina, des pays asiatiques et africains se mettent à l’intensification, contrairement à la Grande Ile. Rappelons toutefois que le pays s’est engagé dans une révolution verte en 2007, sans pour autant faire figurer ce programme sur son agenda agricole. Au contraire, il s’est empressé à faciliter l’entrée des Chinois pour le développement du riz hybride à Mahitsy dans la banlieue de la capitale. Ce riz ne donne pourtant pas le même rendement que le SRI. Selon l’association Tefy saina, cette technique permet d’obtenir un rendement 4 fois plus que la méthode traditionnelle et à même effort. Conscient de ce beau résultat, le Mali a adopté récemment un programme d’intensification du SRI en zone irriguée et pluviale. Les essais dans ce pays ont donné jusqu’à 35 tonnes par hectare, alors que la moyenne au Mali est de 5 tonnes. Comme quoi, Madagascar est largement dépassé par un pays qui était pourtant sur le même point de départ que lui dans les années 60-70 en matière de développement économique. Si le Mali affiche un taux de croissance économique en dessous de 6% depuis 2006, le régime malgache précédent a brandi un taux de 7% en 2008 sans pour autant enregistrer un bond de rendement dans des domaines clés comme la riziculture.

A l’heure actuelle, le SRI est pratiqué dans plusieurs dizaines de pays en Asie notamment. Mais le pays qui l’a vu naître peine à vulgariser cette technique faute d’une réelle volonté politique. L’année dernière, une grande rencontre internationale autour du SRI a été prévue à Madagascar avec le soutien de la fondation Bette U de l’acteur de cinéma Jim Carrey. L’objectif est d’inciter les pays africains à s’engager à vulgariser cette technique et de chercher ensuite et plus aisément des partenariats pour la mise en œuvre des programmes et projets qui découleront de cet engagement politique. Seulement, la crise a faussé le calendrier. Au Mali, les autorités et les organisations d’appui sont enthousiastes par rapport aux résultats du SRI. Les responsables du projet d’intensification parlent de la relation harmonieuse entre le sol, l’eau et la plante, laquelle permet à la pousse de riz d’exprimer son potentiel de production caché par les pratiques inappropriées. Le SRI permet aussi d’économiser d’importantes quantités de semences, d’eau et d’engrais.  
A l’heure où le stress hydrique frappe plusieurs régions dans le monde et que l’eau devient de l’or bleu, les cultures ne nécessitant pas une forte irrigation sont plutôt porteuses. Certes, Madagascar n’est pas touché par un stress hydrique, mais le changement climatique prive souvent plusieurs zones d’une bonne pluviométrie autorisant un rendement meilleur avec les techniques de culture traditionnelles.
Extrait La Gazette de la Grande Île – Mardi 30 Mars 2010