La dépréciation de l’Ariary face aux devises étrangères entraîne des effets néfastes pour les opérateurs importateurs. 

Le secteur du commerce est l’un des plus frappés par la crise depuis 2009. Il y a des opérateurs qui n’arrivent pas du tout à s’en sortir. Rien que chez China Town à Behoririka, 25% des commerçants ont fermé leurs boutiques présentant des articles d’habillement et de décoration et de produits divers, a-t-on appris de source auprès de ce secteur. De nouveaux venus s’aventurent dans la même galère mais ils ne tiennent pas le coup et décident de s’en aller trois à quatre mois plus tard faute de rentabilité, témoigne Harisoa, une commerçante qui tient boutique  à Behoririka. La dépréciation de l’Ariary par rapport aux devises étrangères, qui n’est autre que  la conséquence de la crise, constitue le facteur principal évoqué de cette fermeture de boutiques.

 Opérateurs endettés

 Ces opérateurs s’approvisionnent notamment en Thaïlande et en Chine. Les monnaies locales de ces dernières s’apprécient entretemps face aux devises courantes comme le dollar et l’euro. Raison pour laquelle, les prix des articles importés connaissent une hausse jusqu’à 80% lorsqu’on les écoule sur le marché local, a expliqué Dina, un autre opérateur. Pourtant, ils ne peuvent pas afficher ce prix compte tenu de la dégradation du pouvoir d’achat des clients. Les professionnels dans le secteur arrivent à survivre tout en payant leurs charges fixes comme le loyer mensuel et les salaires de leurs employés. Leur marge de manoeuvre devient ainsi très limitée. Par contre, ceux qui ont demandé des crédits auprès des banques et micro-finances sont perdants car ils sont endettés. Certains achètent même à crédit leurs billets d’avion et comptent le rembourser après la vente des articles importés alors que les bénéfices tirés ne sont pas encore assurés. Notons que l’économie dans les ex-provinces dépend du développement du commerce dans la Capitale car les opérateurs  régionaux s’approvisionnent également chez China Town, ainsi les impacts de cette crise ne sont pas  négligeables pour ne citer que la perte d’emplois à chaque boutique fermée.

Extrait Midi Madagasikara – mercredi 24 mars 2010