La biodiversité malgache est en danger. Des primatologues avancent que 25 espèces des primates s’exposent au risque d’extinction.

Cinq espèces de primates de Madagascar, à savoir le grand hapalémur (Prolemur simus), le lémurien à collier blanc (Eulemur cinereiceps), le lémurien aux yeux bleus (Eulemur flavifrons), le lépilemur du nord (Lepilemur septentrionalis) et le propithèque soyeux (Propithecus candidus), sont menacées d’extinction. Cette liste a été dressée par 85 primatologues qui ont une connaissance directe des menaces sur les primates.
Ces experts ont énuméré dans le rapport intitulé « Primates en péril : les 25 primates les plus menacés, 2008-2010 », que ce danger concerne les 25 des 634 espèces de primates existant dans le monde, sont en voie d’extinction. Outre les cinq à Madagascar, six sont en Afrique, onze en Asie et trois en Amérique centrale et Amérique du sud.
Déforestation et chasse
Selon ce rapport qui a été présenté à Bristol Zoo Garden le 18 février, cette menace est la conséquence de la destruction des forêts tropicales. Destruction à l’origine de l’émission d’environ 16% des gaz à effet de serre causant le changement climatique dans le monde. Viennent ensuite la chasse aux primates pour la viande et le commerce illégal de la faune.
Les défenseurs de l’environnement veulent alors attirer l’attention sur l’état critique des espèces telles que le langur à tête dorée (Trachypithecus P. Poliocephalus) qui n’existe que sur l’île de Cat Ba, dans le golfe du Tonkin, au nord-est du Vietnam. Il n’en reste plus qu’entre 60 et 70. De même, il resterait moins de 100 lépilemurs du Nord (Lepilemur septentrionalis) à Madagascar, et environ 110 gibbons à crête noire (Nomascus nasutus) au nord-est du Vietnam.
Selon le Dr Russell Mittermeier, président du Groupe des spécialistes des primates de l’IUCN/SSC (PSG) et président de Conservation International, l’objet de ce recensement des 25 espèces prioritaires est d’attirer l’attention du public, d’exhorter les gouvernements à en faire une priorité et surtout de trouver les ressources qui permettront de mettre en œuvre les mesures de préservation.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4563 du 13-03-2010