Le nombre de bois de rose saisis par le Task Force  n’a plus évolué malgré le fait que 180 000 rondins ont été inventoriés en 2009 et que les coupes illicites continuent dans les aires protégées. D’autant plus que les auteurs principaux, plus précisément les « gros bonnets », ne sont jamais arrêtés, étant donné que des hautes personnalités les protègent. Rappelons qu’un arrêté interministériel sur la délivrance des agréments de l’exportation de bois de rose aux opérateurs moyennant le paiement des amendes à raison de 72 millions Ar/container, a été publié pour un délai fixé du 21 septembre au 30 novembre 2009. Au-delà de cette date, tout mouvement et toute transaction de bois de rose sont interdits mais une note de service a été sortie le 31 décembre 2009 pour lever cette interdiction sans donner de deadline.

En contradiction

La raison évoquée par le premier responsable de l’Environnement était le fait que des opérateurs ayant payé les amendes et disposant de 300 containers bloqués, n’ont pas pu expédier à temps leurs bois de rose car la capacité de notre infrastructure portuaire était faible. Celui-ci se contredit lui-même car il a bien assuré à la presse que le délai fixé par l’arrêté interministériel a été bien étudié et largement suffisant pour les opérateurs aussi bien dans le domaine logistique que paperasse. Au-delà de cette date, le stock de bois de rose de l’opérateur, non exporté, est considéré anormal et pouvant être issu de nouvelles coupes illicites, a-t-il poursuivi. Mais apparemment, les actions entreprises par la HAT ne contribuent pas vraiment à l’assainissement de la filière bois de rose comme celle-ci annonce publiquement. En effet, un nouveau règlement signé par un plus haut responsable des Autorités de fait, sortira incessamment en vue d’autoriser encore une fois les trafics de bois de rose qui sont en nette recrudescence, a-t-on appris de source bien informée.

Suppression du Task Force

Notons que le rythme de trafics de ces bois précieux identifiés dans les aires protégées s’est multiplié par 25 en 2009, d’après les statistiques de l’Observatoire National pour l’Environnement et le secteur Forestier.  En effet, 1 137 containers, soit une quantité de près de 25 000m3 ont été déjà sortis du territoire malagasy, en moyenne, à raison de 1 000m3/an. Dans la foulée, le MBG aux Etats-Unis publie dans son site officiel qu’il y a encore 17 000 m3 de bois de rose soit l’équivalent de 800 containers, issus toujours de ces trafics, sont en stock dans la région de SAVA. Par ailleurs, on a appris de source sûre que le Task Force serait supprimé et remplacé par une Cellule de pilotage mais les membres restent de connivence avec les trafiquants qui sont déjà identifiés mais intouchables jusqu’à maintenant.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°8082 du 09-03-2010