Pendant la crise, les femmes dirigeantes ont pu sauver leurs activités.

«Nous devons agir de manière à surmonter les obstacles ». C’est avec de tels propos que la plupart des femmes ont montré leur détermination à aller de l’avant. Dans les ateliers et entreprises, un ralentissement des activités a été observé mais ces « leaders » n’ont pas baissé les bras pour chercher des solutions alternatives, principaux recours pour la survie.
« Depuis maintenant plus d’une année, le nombre de clients a nettement baissé. En l’espace d’ un mois, il arrive qu’on n’en reçoive aucun. C’est pourquoi, pour assurer la survie et aussi pour garder mon atelier, j’ai cherché une alternative et me suis lancée dans une double activité », affirme Nataché Ré, une femme entrepreneur, exerçant dans le secteur de l’Artisanat.
Activité supplémentaire
La double activité a aussi permis de maintenir les emplois pour certaines.
« Compte tenu de la baisse des commandes, j’ai dû diversifier mes produits. Au lieu de me spécialiser dans la vente de gâteaux comme avant, je me suis convertie en gargotière tout en gardant un petit espace pour la pâtisserie », annonce Hary, une gérante de pâtisserie et de gargote à Besarety.
« Ainsi, je pouvais garder mes employés qui, eux aussi, ont besoin de travailler », continue-t-elle.
Cette résistance de la femme se reflète sur le remboursement de crédit auprès des microfinances. « Pour la gente féminine, le taux de remboursement est plus ou moins maintenu, notamment, pour les agricultrices. Les artisanes ont une certaine difficulté mais elles s’efforcent de respecter leurs engagements », explique Josée Razakamahefa, présidente de l’union des OTIV (Ombona Tahiry ifampisamborana Vola). Cependant, le nombre de demandes de crédits par les femmes a connu une baisse de près de 5%.
Du côté des employés, les femmes constituent la majorité de ceux qui ont perdu leurs emplois. Cette situation a été plus évidente au niveau des zones franches. « Les femmes n’ont pas été essentiellement visées dans le cadre des licenciements ou des chômages techniques. Tout dépend du secteur d’activités et pour le cas des zones franches, 54 à 60% de ceux qui ont perdu leur travail sont des femmes », annonce Jessy, du comité des travailleurs pour la défense du maintien de l’Africa Growth Opportunity Act (AGOA).

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4558 du 08-03-2010