Du 1er au 13 septembre, le sculpteur expose à l’AFT. Il met l’art zafimaniry en connexion avec diverses expressions.

Pour Solomon Rakotomanana, l’art zafimaniry c’est toute sa vie. Ayant grandi à Ambositra au sein d’une famille d’artisans-sculpteurs d’art zafimaniry depuis la génération de son grand-père, il se dit riche de tous les contacts et échanges noués avec la légendaire population forestière.
Vers l’âge de 10 ans, il a réalisé presque instinctivement ses premières oeuvres. C’est à 23 ans qu’il s’y est mis sérieusement, à la manière d’un pro. A l’époque, il a déjà réfuté l’idée d’être un simple imitateur du zafimaniry.
« Par les études, les formations, et les différentes fréquentations que j’ai acquises dans la capitale depuis mes jeunes années, je me suis créé une nouvelle vision artistique », confie l’artiste.
Héritier
Actuellement âgé de 55 ans, Solomon Rakotomanana semble fort d’une grande maturité artistique. L’exposition qu’il présente à l’Alliance française à Andavamamba, du 1er au 13 mars, en fait foi. A travers « Manan’art : le savoir-faire zafimaniry », il aligne quelque 150 pièces.
Ces œuvres permettent d’apprécier un sculpteur attaché à une appartenance culturelle et à une histoire, tout en s’efforçant d’être ouvert et branché avec le monde et son actualité.
Certes, les figures présentées à travers les oeuvres ne renient pas leur origine et leur racine. L’art zafimaniry, ce sont les « bois nus », sans vernis et sans coloration, mettant en valeur des motifs typiquement « afro-malgaches », autant les matières de support que des images simples du quotidien, consacrées à des fins décoratives et/ou à usage pratique.
Un malle coulissante en palissandre, une tête stylisée en bois de rose, un caméléon en bois brûlé, une tête de guerrier en bois noir, un buste de femme en ébène, une femme à la poitrine nue en eucalyptus, etc. Tout cela fait effectivement de Solomon Rakotomanana un authentique héritier d’une tradition culturelle quasi « endémique ».
Mais avec lui, l’ensemble des œuvres dévoile toute une gamme de facettes révolutionnées de l’art zafimaniry. Les figures ont emprunté des touches d’expression diversifiées, allant du contemporain au surréalisme, du figuratif à l’abstrait et l’impressionisme, permettant d’apprécier un artiste determiné à ne jurer que sur son propre instinct.
Ayant participé à la décoration du Palais de Manjakamiadana en cours de reconstruction, l’homme demeure sensible à tout ce qui est patrimoine. Il se fait un exemple dans la pratique.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4555 du 04-03-2010