Madagascar ne bénéficie plus des privilèges découlant de l’AGOA. Conséquemment plusieurs entreprises en font les frais.

Cinq entreprises sur trente-deux et 7 000 emplois directs concernés. Tel est le bilan établi par le Comité des travailleurs pour la défense du maintien de l’Africa Growth Opportunity Act (Agoa), deux mois après la suspension de Madagascar par les États-Unis dans la liste des bénéficiaires. Ces unités exportaient la totalité de leurs productions sur le marché américain.
« Les entreprises qui ont fermé et qui ont renvoyé leurs employés pour licenciement économique sont au nombre de cinq. Leurs exportations étaient essentiellement tournées vers les États-Unis », annonce un membre du comité.
Les fournisseurs aussi
Du côté du ministère de la Fonction publique, du travail et des lois sociales, le nombre de fermetures n’a pas été précisé. Cependant, les données fournies parlent d’une quinzaine d’entreprises touchées par le licenciement économique et le chômage technique total ou partiel. De même, plus de 15 000 emplois ont été suspendus d’une manière définitive ou temporaire. Ces chiffres concernent aussi bien les fournisseurs de matières premières aux entreprises franches qui exportent vers les États-Unis que les industries exportatrices elles-mêmes.
Dans tous les cas, ces chiffres risquent encore de gonfler dans la mesure où de nouvelles commandes n’arrivent toujours pas « malgré des négociations directes entre les entreprises et leurs clients américains ». Ceux qui occupent encore leurs postes sont en train de terminer les anciennes commandes. « D’ici la fin du mois de mars, le nombre d’emplois suspendus pourra atteindre 10 000 », craint le membre du comité.
Face à la situation, les travailleurs attendent la concrétisation des solutions envisagées. « Beaucoup de solutions alternatives à l’Agoa ont été proposées, nous en attendons une concrétisation rapide avant que la situation n’empire », indique Fanja, une mère de famille au chômage technique depuis des mois.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4551 du 27-02-2010