L’exposition multidisciplinaire à l’espace Rarihasina, dans le cadre de Tsinjo Dia, retrace l’histoire de la langue malgache. Il s’agit de mieux connaître son origine.
Entre les gigantesques tableaux de Hermerson et de Rfaral, les installations de Sophie Bazin ou de Mihaingotiana, les panneaux de poèmes de Di ou de Hermerson, l’histoire de la langue malgache essaie de trouver sa place.
Le linguiste Pierre Simon se livre à une périodisation du malgache avant le XVe siècle. Son hypothèse évoque l’origine indonésienne du malgache. Aux environs de 5000 avant Jésus-Christ, il a identifié la proto-austonésienne, et la proto-malayo-polynésienne vers 4000 avant J-C.
Jusqu’au XVe siècle, il distingue le pré-malgache du sud-est de Bornéo, le proto-malgache en mer de Java, le paléomalgache dans l’horizon africain de l’archipel de Comores et du Nord de Madagascar.
Le linguiste norvégien Otto Dahl, quant à lui, met l’accent sur l’origine malayo-polynésienne occidentale du malgache, dont le berceau serait le sud de Bornéo. Ses études soulignent la ressemblance entre le maanjan (de Bornéo) et le malgache.
Andriamiharisoa Eugène, journaliste du Gazety Sahy, a établi le parallèle entre le malgache et la langue indonésienne. Ses recherches confortent les thèses qui confirment l’origine indonésienne du malgache.
Héritages
La communication de Tsimilaza Alphonse, en janvier 2004, évoque les apports des autres langues dans le malgache. La syntaxe et l’étymologie sont empruntées à la langue austronésienne. Certains vocabulaires du temps et de la santé sont hérités de la langue arabe. A l’image des jours de la semaine (alatsinainy, alahamady,…), ainsi que des mots comme « marary » ou encore « sikidy ».
Les apports de certaines langues (indienne, bantou et européennes) s’avèrent importants. La terminaison en voyelle est caractéristique des langues africaines. Les langues européennes ont commencé à influencer le malgache à partir de 1590.
Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4544 du 19-02-2010